vendredi 17 avril 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 14) : La mort

  


Atelier philo du 17 avril 2026

 

Aujourd'hui, nous avons travaillé sur un thème proposé par Simon : la mort.

Qu’est-ce que c'est la mort ?

Pourquoi on a peur de la mort ?

Pourquoi on a peur de mourir ?

Avant de commencer notre séance, nous avons vérifié que tout le monde était à l'aise pour parler de ce de ce thème-là.

 

Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,

Félix, François, Siou, Angel

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

Simon : Ce thème rejoint celui de la tristesse, du deuil, mais aussi celui des souvenirs des personnes qui sont décédées.

 

Raphaël parle des célébrations autour des personnes décédées. Pour lui, dans la mort, on n'est plus dans son corps. Dans ces célébrations, on garde le silence, on met des fleurs. Ça nous rend triste parce que c'est quelqu'un qu'on ne verra plus, on ne verra plus la personne. Il faut considérer qu'on a une seule vie et qu'il faut donc en profiter. Mais la mort, c'est noir, c'est négatif. J'y pense, mais je cherche à me changer les idées. Il y a les accidents de la vieillesse, les personnes parties trop tôt.

 

Sacha : ça fait du chagrin. Mais les personnes sont dans une nouvelle vie, dans une nouvelle dimension.

 

Simon : Tous les êtres vivants meurent. Il y en a qui naissent. Qui vieillissent, et ensuite, qui meurent. On se relaie. Il y en a qui veulent être en cendres, en poussière.

 

François : C'est un sujet dont on ne parle pas beaucoup. Chacun choisit s'il veut en parler. Moi je n'en parle pas beaucoup, je garde ça pour moi. (Il est vrai qu'avant de commencer notre séance, nous avons vérifié que tout le monde était à l'aise pour parler de ce de ce thème-là). François poursuit : À travers la mort, on rend témoignage sur une personne qu'on a aimée. Après la mort, il y a la vie de ceux qui restent. Je me pose des questions. Les services funèbres autrefois avaient lieu à l'Église. Maintenant, les gens préfèrent qu'on les incinère. Mais quand je vais mourir, je ne sentirai plus rien.

 

Siou : La mort, c'est quelque chose de tabou. J'en ai parlé enfant avec mon frère à propos d'un livre. Pour moi, c'était intéressant, mais mon frère, lui, il était choqué. Pour moi, c'est un sujet comme un autre. Ça ne me touche pas comme tout le monde, pour moi c'est normal. Quand il s'agit de la mort de quelqu'un de la famille qui survient brutalement, alors là j'ai réagi différemment. C'était quelqu'un de mon âge, il était créatif, je l'encourageais, j'avais de l'espoir pour lui qu'il s'en sorte, alors qu'il était dans une vie difficile. Il n'était pas allé au bout de ce qu'il aurait pu faire. Sa mort, là, ça m'a dérangé.

Par ailleurs, j'ai écrit beaucoup de chansons sur la mort. Une chanson évoque la mort d'une journée. Ça fait prendre conscience que cette journée ne reviendra pas. La mort des autres nous fait prendre conscience de notre propre mort. Alors il faut vivre sans attendre. Parler de la mort, c'est réaliser : Qu'est-ce que je fais de ma vie ?

 

Félix : Certaines personnes sont mal à l'aise quand on parle de la mort. Je n'ai pas beaucoup de choses à dire sur le sujet. Mais je pensais à mon grand-père. On s'efforce de croire à une vie après la mort pour se consoler.

 

Simon propose une question pour prolonger notre réflexion. « Quand vous allez mourir, qu'est-ce que vous voulez que le monde se souvienne de vous ? »

 

Paolo : Ma grand-mère est morte. J'étais triste. Et j'ai une photo d'elle chez nous.

 

Raphaël : il y a différentes circonstances de mort plus ou moins effrayantes, ça nous crée des images mentales qui parfois nous font peur, qui nous font faire des cauchemars. On le voit aussi aux informations.

 

Siou : Ça, c'est la souffrance qui nous impressionne.

 

Angel : c'est délicat d'en parler, il y en a qui ne supportent pas d'en parler. Quand on est mort, on ne souffre plus. Il faut les laisser partir. Le corps n'est plus là. Mais l'âme est là. Ils nous voient et ils nous protègent. On ne les voit pas les personnes mortes, mais on les ressent. Il y a du paranormal dans la vie.

 

Siou : De toute façon, penser à quelqu'un qui est mort, on sent sa présence.

 

Angel : On n’en parle pas parce que on a peur de mourir. On ne devrait pas avoir peur, on ne devrait pas s'inquiéter, on ne souffrira plus et on retrouvera ceux qu'on aime. Je voudrais qu'on se souvienne de moi comme d'une personne gentille, qui aide et qui est un bon chanteur.


 

 

 

vendredi 10 avril 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 13) : La liberté

   


Atelier philo du 10 avril 2026

 

La liberté. Qu'est-ce que c'est la liberté ?

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Être libre à ce qu'il y a des limites à l'autre liberté ?

 

Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,

Félix, François, Mathieu, Siou, Angel

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

François : il faut que le groupe soit attentif et respectueux de la personne qui prend la parole, c'est une mise en garde avant de commencer notre discussion. On est en train de faire un travail, c'est une rencontre sérieuse. Concernant la liberté, François rappelle la chanson de Georges Moustaki « ma liberté ». La liberté, c'est être maître de ma destinée, faire des choix personnels sans que personne ne m'impose quoi que ce soit. Donc, choisir d'aller au ciné ou au restaurant, personne ne me l'impose, c'est selon mon goût. Si quelqu'un nous oblige à faire quelque chose, ça fait se sentir coupable. On doit pouvoir s'habiller comme on veut, c'est un autre exemple.

 

Simon : il y a différentes libertés. Chaque moment peut avoir une liberté, mais il y a toujours une limite à la liberté. Par exemple, la liberté d'expression, on a le droit de s'exprimer, mais il ne faut pas que ce soit tout le temps la même personne qui parle. J'ai la liberté de me promener dans les festivals. Mais il faut aussi s'imposer une limite. Quand j'en ai assez entendu, je rentre chez nous. On peut dire, il y a comme une sorte de liberté limitée par ses propres capacités.

 

Paolo : Évoque sa liberté d'adresser un salut, par exemple à des filles qu’il a croisées dans la rue.

 

Raphaël : évoque la liberté de « chiler », mais de ne pas dire n'importe quoi, il y a des mots que je n'aime pas entendre, ça peut faire de la peine. Ça pourrait effrayer les autres. On peut dire ce qu'on veut, mais il faut respecter les autres.

 

Siou : D'accord avec ce qui a été dit. La liberté de l'un finit où commence celle de l'autre. Il faut des normes sociales. Mais pour moi, ce qui est important, c'est d'acquérir une liberté intérieure, savoir respirer. Mon anxiété me faisait sentir comme dans une prison intérieure.

 

Sacha : Je suis libre quand on me laisse écouter de la musique calme. Je fais des respirations. Les belles choses qu'on chante, ce sont des beaux moments, on se sent libre, on n'est pas menacé.

 

Simon : Reprend les paroles de Siou qui parle de liberté intérieure. Et il évoque le petit hamster s'il tourne de peur ça empêche d’avoir de la liberté dans sa tête.

 

Mathieu : la liberté, c’est qu’on peut sortir quand on veut. C'est ça la liberté. Avoir de l'argent, ça permet d'être libre, d'acheter ce qu'on veut, ce qui nous font plaisir. Ma liberté est empêchée par le manque d’argent.

 

Angel : ça dépend des personnes. Moi je me sens libre, mais par exemple, y a des gens qui sont pris dans des gangs de rue et ils doivent faire des choses auxquelles les autres les obligent pour être dans le groupe. Ça, c'est pas être libre ! Dans une manif aussi, si ça dégénère, on n'est pas libre à ce moment-là parce que la police intervient et tout le monde perd sa liberté.

La liberté, ça dépend aussi des endroits, parce que par exemple, au Guatemala, si on passe en voiture à la lumière rouge, on n’a pas de ticket, pas comme ici.

 

Félix : Il y a des règles pas pour brimer la liberté, mais pour qu'on puisse continuer à vivre comme sécurité. Si on a le droit de tuer, il y a plus de liberté pour tout le monde. Il propose une expérience de pensée : s'il n'y a pas de règles, pas de sécurité, comment serait notre vie ? Cette expérience de pensée amène à se dire qu’il n’y aurait pas de vie possible.

 

Siou : reprend en s'adressant Angel et Félix : la liberté, ce n'est pas seulement le choix de faire ce qu'on veut. On a besoin de sécurité en soi et autour de soi.

La liberté, c’est chercher à être heureux. Si tu es heureux, tu deviens libre, sans le poids de l'existence, sans prison intérieure, tu es léger comme un oiseau, tu planes, tu vois le monde en prenant du recul. Ce qui permet de penser sur le monde.

 

François : que signifie le mot liberté ? J'ai plusieurs réponses. Par exemple, quand quelqu'un veut participer aux Jeux olympiques, il lui faut des commanditaires pour ça. Et je comprends, c'est que la personne est libre, mais à condition de réunir autour d'elle des conditions pour d'exercer cette liberté.

Quand quelqu’un participe à un tournage, c'est son choix. Mais il doit faire ce qu'on lui demande, de faire des cascades ou utiliser des armes. S'il ne le fait pas, il ne sera pas payé. La liberté, c'est de dire OK ou pas. La liberté dépend aussi de ce que les autres nous demandent.

 

François prend dans l'exemple du chauffeur d'autobus qui avait foncé dans une garderie près de Montréal. Là, c'est comme s'il avait exercé une liberté pour faire ce qu'il a fait, mais là, c'est une liberté négative.

 

Angel : est-ce que cette personne avait une liberté psychologique ? Est-ce qu’elle était libre dans sa tête ? Est-ce que c’était vraiment une décision libre ?

 

Siou : Il y a aussi donc un problème de santé mentale. La liberté, consciente ou pas, tout dépend de chacun, des croyances. Il faut se libérer pour atteindre une liberté.


 


C’est la question du « libre arbitre » : est-ce que cette personne, dans sa condition, disposait de son libre arbitre ? L'acte nous paraît être libre et en fait c'était peut-être une liberté qui était dépendante de sa maladie, de son trouble mental puissant. 

 

vendredi 27 mars 2026

REPAQ-Parents : vers des écoles alternatives inclusives

J'ai passé une agréable soirée, certes, en visio, mais tout de même, bien intéressante avec le réseau des parents du REPAQ.

Voici plus loin, l'essentiel de mon propos introductif à la discussion sur la formulation de la 18 ème condition du nouveau recueil des conditions pour une école alternative. 



 

  

 

Mais d'abord, il faut présenter la 18 ème condition que j'ai proposé à l'équipe du REPAQ et qui a été amendée pour convenir largement à tous : 



Lire le brouillon de mon propos : 

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 12) : Normal - pas normal

  

Atelier philo du 27 mars 2026 

Normal, pas normal. Qu’est-ce que ça veut dire ?

 

Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,

Félix, François, Mathieu, Siou, Angel

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

Félix : peut-on être normal ? on a tous notre définition d'être normal. En neurodiversité, on peut tous se fondre dans la masse.

 

Raphaël : Quand ça se passe comme d'habitude ; c'est ça qui est normal, qu'il n'y a pas de problème. Si c'est bizarre, c'est une fausse pensée, en fait bah c'est normal. Une personne normale, c'est quelqu'un qui se comporte normalement, qui fait tout comme il faut, pas comme moi qui me conduis un peu bizarrement. Il faudrait que je sois normal, que je m'habille comme tout le monde. Dans le métro, on voit aussi des personnes qui ont des comportements avec des problèmes de santé. Je suis quelqu'un de pas normal, je fais tout autrement que tout le monde, je dis des exagérations.

 

Félix : La normalité, c'est dur à établir. Il faudrait être tous d'accord sur la normalité. Raphaël, ta mère te dit que tu t’habilles pas bien mais moi je trouve pas.

 

Raphaël : je me dis souvent que je suis nul. Je me dis des insultes à moi-même.

 

Félix : c'est une mauvaise estime de soi !

 

Simon : Il n’y a personne de normal ; peu importe la normalité. Si on demande à quelqu'un s'il est normal ; il répondra qu'il n’y a personne de normal. Quelqu’un qui est normal, ça veut dire qu'il est parfait et qu'il n'a pas de défaut : ça n'existe pas !

 

François : j'ai une déficience intellectuelle. Suis-je normal ? Ben oui, je suis normal ! Quand j'étais à l'école, à chaque fois que je donnais une mauvaise réponse, on se moquait de moi. Je me suis dit : « fais-toi en pas avec ça, s'il y a des affaires que tu fais pas correctes, laisse faire les autres, ignore-les ! » ça m'a pris du temps de le comprendre. C'est l'école de la vie, c'est pas pour être parfait. C’est normal de ne pas tout comprendre. Un itinérant qui gueule, c'est pas un comportement normal, mais on ne peut pas comprendre pourquoi il fait ça.

 

Sacha : être normal, c'est quelqu'un qui est doux, qui est calme, qui dit des choses gentilles, qui paraît bien, qui est zen, qui n'est pas violent. Des personnes qui baissent mon bras doucement parce que ça ça m'aide à rester calme.

 

Mathieu : Personne n'est normal parce que personne ne fait parfaitement les choses à faire. Tout le monde a sa propre façon de marcher, son allure.

 

Siou : La normalité vient de la société. C'est la société qui crée des normes, des lois. Le monde se mêle de tout. C'est quelque chose de plaqué. On nous la montre et on veut qu'on la suive sans trop penser. Pour les personnes autistes comme moi, j'arrivais pas à faire les choses comme tout le monde et à un moment j'ai compris que j'avais un problème. j'étais puni à l'école parce que je poussais des petits cris à cause de mon autisme.  Tout le monde se regarde et voit ce qui n'est pas normal chez l'autre. On devrait laisser chacun faire les choses comme il veut si ça dérange pas les autres. On s'impose à soi-même cette norme inconsciemment. On veut ressembler à tout le monde pour se faire des amis. La normalité ça vient de soi, de sa propre manière d'exprimer sa personnalité

 

Angel :  Quand on était petit on nous disait de suivre les adultes pour apprendre à faire les choses normalement. Quand on veut être comme les autres, on n’y parvient pas parce qu'on est différent des autres. À l'école, on veut apprendre comme les autres, mais il faudrait nous apprendre comment grandir tout en étant différent des autres. Au secondaire, j'ai appris à ne pas être comme les autres, à cause de la différence dans la capacité d'apprentissage. En grandissant, je me suis rendu compte que j'étais normal mais pas comme les autres.  Je ne pensais pas que j'avais une DI. J'ai eu du mal à l'accepter.  Je voulais être comme les autres. Mais il faut accepter d'être soi-même, d'être pas comme les autres, normal ou pas normal, ça dépend comment chacun se sent.

 

François : Quelqu’un qui est normal, ça apporte un sens à la vie. Quand je vois une personne handicapée, c'est pas parce qu'elle est en chaise roulante, moi, je la trouve normale dans sa condition.

 

Simon : (reprenant des propos de Siou) On est souvent pris dans des engrenages moi je me trouve normal - pas normal, entre les 2.

 

Siou : Normal, pas normal, c'est des mots qu'on n'aime pas tellement.  Quand on nous impose une norme ça provoque de l'anxiété à cause du jugement qui va avec ça. Il ne faut pas faire de « masking ». (= faire des efforts pour cacher sa singularité)

Écouter les résumés :

vendredi 20 mars 2026

Atelier philo : focus groupe d'artistes à l'écomusée du fier monde

 Dans le cadre de la programmation de l'exposition-événement D'un oeil différent, 

Focus-groupe d’artistes dont l’objectif est de permettre aux artistes de s’exprimer sur leur activité artistique, en particulier à propos de leur inspiration, de leurs apprentissages, de leurs choix esthétiques et techniques ainsi que de leurs attentes et désirs. 

 

Les artistes participant au focus groupe doivent avoir soit une œuvre exposée à DOD 2026, soit venir avec une autre œuvre, soit en avoir une photo de bonne qualité sur clé USB.

 

La séance a été filmée afin de pouvoir être intégrée comme données primaires dans une recherche comportant un volet sur les activités artistiques des personnes DI/TSA. 

 

Une séance passionnante, évidemment ! 

 


 

  

jeudi 19 mars 2026

Conférence à l'ITA (Institut des troubles d'apprentissage


Commentaires des participant.e.s

85 personnes étaient en direct

Wow! Bravo pour ce que vous faites pour ces gens. Vous m'avez ouvert encore plus les yeux sur le fait qu'il n'y a pas de limite dans l'inclusion.

Même dans un cours à l'université. En espérant que la société continuera dans ce sens avec des gens comme vous pour leur faire réaliser le bénéfice pour tous 

Ce fut super, d'un point de vue humain. La philosophie est un ancrage formidable pour tous les élèves, quels qu'ils soient. Merci pour les citations d'Alain, je vais le lire.

Une bonne réflexion sur le concept de capabilités. très intéressant. Merci.

Merci beaucoup. J'ai bien apprécié votre approche, et en tant qu'orthopédagogue au SAI nouvellement arrivée en poste, il se pourrait fort bien que je m'inscrive au DESS en Intervention éducative auprès des élèves avec un trouble du développement. Au plaisir de vous revoir.

Belle sensibilisation Excellent

Intéressant quoique un peu loin de ma pratique.

Merci de nous donner des moyens de penser autrement notre approche! J'enseigne auprès d'adultes ayant des besoins particuliers et je compte bien réinvestir vos idées. Merci!

C’est beau de voir la passion et l’implication de quelqu’un pour l’inclusion de tous. Nos préjugés sont tellement vicieux qu’en effet de voir une œuvre et l’apprécier sans le jugement de l’identité de l’artiste est un travail à faire.

Merci!

Super intéressant à écouter, Bien que je viens d'une grande ville, je n'ai pas l'impression qu'il y a autant de place dans la communauté immédiate

Sujet intéressant, mais rien de concret pour ma pratique. Très intéressant, merci! 

Tellement intéressant. Autant théorique que pratique. Le cours à l'UQAM en partenariat avec les experts me fascine!

Très intéressant

Belles perspectives d'ouverture pour les DI-TSA! Vraiment rafraichissant! Belle initiative

vendredi 6 mars 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 11) : L'autonomie

  


Atelier philo du 6 mars 2026 

L’autonomie : être autonome

 

Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,

Félix

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

On a parlé autonomie. Qu'est-ce que c'est une personne autonome ? A quoi on voit que quelqu'un est autonome ?

 

Paolo : prendre les transports en commun quand il y a du monde. C’est sûr qu'il y a des gens qui poussent et que ça bouge mais être capable de se déplacer dans les transports en commun, c'est une façon d'être autonome.

 

Simon : se débrouiller soi-même pour aller vivre en appartement. Il faut que tu saches te débrouiller pour magasiner tout seul, pour faire ton budget. Si t'es capable de faire ton épicerie, ton linge, ton ménage, tu peux vivre en appartement tout seul ou avec ta copine. ça c'est être autonome !

Un moyen de devenir autonome c'est d'apprendre. Pour me rendre chez nous en métro quelqu'un m'a montré ; maintenant je peux aller partout, je peux aller dans des festivals, dans des spectacles, je peux me déplacer de façon autonome. Je l'ai appris à l'école, par étapes.  Quand je ne connais pas le chemin que je dois prendre, je demande à quelqu'un. On peut pas tout savoir mais pourtant on peut quand même être autonome.

Être autonome, c'est un espoir de fierté pour moi ; de faire mes affaires tout seul.

 

Raphaël. : être autonome, c'est faire les choses par nous-mêmes. Je sais me déplacer tout seul dans Montréal ; mon père me l'a appris. C’est aussi faire la vaisselle, être capable de mettre des assiettes dans le lave-vaisselle, faire notre lit, le ménage, sans qu'on nous le demande et facilement, sans aide. On devient des adultes quand on fait des déplacements seuls pour aller à son travail. Je travaille tout seul, par exemple, pour nettoyer les jouets des petits dans la clinique de Géraldine.

 

Félix : Être autonome c'est avoir des objectifs comme artiste. Aller de l'avant. Tu t'arranges pour te trouver de la job sans attendre qu'on l'appelle ; que ce soit ton agent qui s'occupe de ça. C’est prendre des décisions sur ce qu'on doit faire sans que quelqu'un nous le dise. Un esclave, par exemple, n'a pas d'autonomie, ni de liberté.  Ça prend de la détermination, de la patience, de la ténacité pour être autonome.

 

Sacha : Être autonome c’est prendre l’autobus, le métro, tout seul. Moi, je prends le transport adapté mais une personne autonome c'est aussi une personne qui dit ce qu'elle aimerait faire, comme moi !

 

Simon : Gabriel qui ne voit pas, lui, il prend les transports tout seul ; il y a des personnes qui sont autonomes mais elles ont besoin d'être guidées. Gabriel il est vraiment bon et il arrive à vivre tout seul. Quoi qu'il en soit, le handicap n'empêche pas d'être autonome.

 

Paolo : Il guide les visiteurs dans l’exposition D’un œil différent avec Simon, Sylvie et Marianne. Ils font cela chaque année, les visites commentées à D'un œil différent. Ils sont autonomes pour faire ça tout seul.  C’est toute une équipe qui est autonome là.

 

Simon : on peut être autonome en équipe parce que c'est aussi être capable de s'entraider d'être autonome. Comme par exemple, quand on discute, là, pour interpréter ce que veut nous dire Paolo. C'est comme si j'étais sa parole !

 

Ensuite on en vient à parler de nos objectifs d'autonomie, sur lesquels on aimerait progresser.

 

Raphaël : Un jour, je n'aurais plus besoin de Géraldine pour laver les jouets dans sa dans sa clinique. J’aimerais aussi m'occuper de la bibliothèque sans l'aide de Nelson. Et puis un autre objectif, peut-être plus difficile encore, ce serait d'avoir mon permis de conduire, comme mon frère.

 

Simon : dans mes objectifs d'autonomie, ce serait être capable de lire mes textes au lieu de que quelqu'un me les souffle, les textes de théâtre bien sûr.  Il me faudrait de l'aide, comme par exemple, les enregistrements, alors que Félix, lui, va apprendre ses textes en lisant, Simon, lui, les apprend en les écoutant. (bien sûr on va faire des enregistrements des textes du théâtre comme l'année dernière)

 

Sacha : Quand je j'accompagne ma mère à l'hôpital, on se paye la traite, et ça lui fait du bien.

Ça nous permet de comprendre aussi que Sacha attache de l'importance au fait de pouvoir choisir les activités dans lesquelles il accompagne sa mère ou pas ; mais en tout cas, d'avoir du plaisir à le faire avec elle.

 

Simon : Mon frère est une personne autonome ; il est plus jeune que moi mais il vit en appartement, il a un travail, il fait ses affaires tout seul.


Une fois, pour aller à un festival avec ma mère, elle avait pas pris le métro depuis longtemps, et c'est moi qui lui ai montré.  Être autonome, c'est capable d'apprendre quelque chose aux autres aussi.  C'est une notion très intéressante et très importante.

Ecouter la synthèse : 

vendredi 27 février 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 10) : Les souvenirs, la mémoire

  


Atelier philo du 27 février 2026

Les souvenirs, la mémoire

 

Ont participé : Simon, François, Raphaël, Angel, Sacha,

Mathieu, Félix

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

Aujourd'hui, on a abordé le thème des souvenirs, de la mémoire. C'était une proposition d’Angel.  On s'est demandé qu'est-ce que c'est les souvenirs ? à quoi ça sert ? comment ça se forme ? etc.

 

Simon : Si on avait pas de souvenirs, on oublierait tout : le nom des personnes,  comment manger, comment dormir… on serait même pas là. C'est le cerveau qui transmet tout très vite. C'est pour nous rappeler ce qu'on a fait dans notre jeunesse. La mémoire, c'est plein de petits dossiers, de petits tiroirs, et ils ont chacun un truc précis à faire, par exemple : les voyages, ou comment c'était quand j'avais 3 ans, ou quand j'avais un an où je marchais à 4 pattes.

 

Paolo rappelle un souvenir un de ses souvenirs d'enfance :quelqu’un avait frappé son père qui est tombé à terre en Haïti.

 

Simon interroge : C'est quoi votre souvenir le plus précieux ? Paulo répond tout de suite : « c'est quand j'ai écrit avec un ordinateur ! »

 

Mathieu se rappelle quand il a appris à parler avec l'aide des chevaux. Il rappelle qu'il avait un trouble du langage et qu’il lui a fallu faire l'effort de parler pour indiquer au cheval quand il faut avancer, s'arrêter, tourner etc. Et c'est ça qui l'a amené à prendre la parole.

 

Raphaël : Les souvenirs, c'est pas juste dans la mémoire parce qu’on peut aussi écrire et prendre des photos et ça, ça nous aide à nous souvenir. Et puis, les souvenirs ça aide aussi à la motivation. Le souvenir des bons moments ça nous aide à passer d'autres moments où par exemple on s'ennuie ou qui sont moins agréables.

 

François : Je me souviens des souvenirs de ma jeunesse, de l'expo 67 avec mes parents.  Un pavillon dont j'ai oublié le nom où on pouvait sentir des odeurs de fromage fort qui sentait très mauvais.

J'ai aussi vu un film là-bas un film de Walt Disney hein dans un carrousel à 360° sur le Canada. Je me souviens aussi d'être allé à La Ronde avec mes parents : les autos tamponneuses, la belle vue qu'on avait de Montréal à partir de la grande roue.

 

Et c'est là qu'on on se dit : pourquoi on se souvient pas de tous les détails ? Tout le monde ne se souvient pas de la même chose quand on est au même endroit dans le même événement

 

Et Félix répond : c'est comme si la mémoire pouvait être cassée comme un petit peu un casse-tête incomplet ou un film qui aurait été un peu rayé, abîmé. Félix se rappelle par exemple comment il aimait une série télé en 2004-2006 dont le créateur avait dit malencontreusement dans un entretien que l'autisme est une maladie qu'il faut guérir. C'est une phrase qui avait blessé Félix mais il ajoute : Si j'avais pas eu des bons souvenirs de l'œuvre de cet artiste-là,… ça m'a fait de la peine mais je dissocie quand même l'œuvre de l'artiste et je garde un bon souvenir de l'œuvre.

 

Sacha nous parle de son souvenir de la COVID en 2020 mais il nous parle aussi en 2026 des belles choses qui s'en viennent comme par exemple, très bientôt, l'exposition D'un œil différent. Ça nous amène à remarquer que les souvenirs ça nous aide aussi à avoir envie de nous projeter dans la suite. On a un bon souvenir de D'un œil différent les années précédentes, on attend avec impatience la prochaine édition qui va être au mois de mars. Et c'est un bon souvenir pour Sacha parce que c'est une occasion où il a eu des belles félicitations sur son art, sur son chant etc.

 

Angel : « Les souvenirs, c'est un peu comme sur un ordinateur. Mais les mauvais souvenirs, moi je les efface, je les mets à la poubelle.  Si tu veux pas les effacer, il faut avancer quand même ».  Son bon souvenir, c'est d'être allé voir sa famille au Guatemala parce qu'une famille tu ne peux pas la rejeter.  Et là, Angel ouvre sur une autre perspective : « ma grand-mère avait perdu la mémoire mais nous, sa famille, on se souvient des choses qu'on a faites avec elle. Donc, on conserve, nous sa famille, la mémoire de cette grand-mère, les souvenirs de cette grand-mère.  Et cette grand-mère disait : « Efface les mauvaises choses, pense aux bonnes ! »

 

Félix : Je donnais un surnom à mon grand-père quand j'étais petit. J'étais le seul qu’il autorisait à faire cela, comme une sorte de privilège. Avec ce souvenir, je repense à mon grand-père parce que c'était lié à une chanson dans une série et à chaque fois que j'entends quelque chose qui a évoque cette série, cette chanson, ça me fait penser à mon grand-père.  Ça veut dire qu'il y a des éléments qui viennent réactiver nos souvenirs, le souvenir d'une chanson par exemple, d'une odeur…  ça nous renvoie à un événement d'autrefois.

 

Simon : j'ai un souvenir très précis et qui m'a rendu le plus heureux : c'est quand j'ai marché sur le Pont d'Avignon et qu'on a chanté la chanson ensemble quand on était en voyage en France.

 

On s'aperçoit avec ce que raconte Simon que finalement, on a tous des souvenirs différents d’un même évènement, parce qu'on était plusieurs là de notre groupe à être allé à ce voyage, à avoir participé, à avoir dansé sur le Pont d'Avignon, et certains ne s’en souvenait pas et quand Simon le raconte maintenant, qu'il l'a raconté à nouveau, on s’en ressouvient

 

Angel : La première fois qu’il a pris l'avion, c'était extraordinaire comme impression.  L'avion qu'on voit du dehors quand on les voit passer, il nous paraît aller très très vite mais quand on est dedans, le voyage nous paraît lent. C'est un petit peu comme si finalement les souvenirs aussi duraient d'une façon un peu différente dans le temps. Il y a parfois des choses très courtes dont on se rappelle toute sa vie et qui sont très importantes mais parfois des choses qui ont duré très longtemps et on s'en souvient pas ou mal. et Angel ajoute : Il y a une question que je me pose c'est comment les chiens savent où retrouver leurs affaires ?

Les animaux aussi ont des souvenirs : c'est à ça qu'on est arrivé comme conclusion.

 

Mathieu : Je me rappelle quand en Abitibi, lors d’un séjour, Jean m'a payé une bière après qu'on a fait du vélo. Et je me rappelle aussi quand Paolo dans le voyage en France a vomi dans l'avion.  

Alors c'est ça : c'est des choses sont très marquantes pour l'une ou l'autre personne mais pas forcément pour tout le monde.  Angel, lui se souvient du cours à l’UQAM avec les étudiantes l’année dernière.




Ecouter le résumé :

vendredi 13 février 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 9) : L'amour

  


Atelier philo du 13 février 2026

L’amour

 

Ont participé : Simon, François, Raphaël, Angel, Sacha,

Mathieu, Félix

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

L’amour : qu'est-ce que ça veut dire le mot « amour » ?

 

Sacha : on donne de la douceur on ne fait pas de la peine

 

François : être près d'une personne du sexe opposé. C'est de la tendresse, des caresses, être bien avec cette personne qui peut nous donner du réconfort, de l'aide. Il n’y a pas de préjugés entre nous.

 

Raphaël : ça relaxe quand les personnes sont amoureuses. Comme dans un film, il y a de la poésie, de la tendresse on dit à l'autre qu'il est charmant, qu'il est fin. Il se sent bien quand il la voit, ça lui fait de la joie. Il faut penser à demander le consentement sinon, c’est criminel. On peut dire par exemple à une prof qu'on l'aime mais on l'aime comme une prof pas comme une princesse. Il faut donc respecter les statuts de chacun

 

Simon : On peut aimer quelqu'un du sexe opposé mais aussi on peut aimer ses amis, sa famille. Aimer c'est une chose mais être aimé c'est autre chose. Comme ça il y a beaucoup de choses qui peuvent se passer. L'origine de aimer ça vient de très loin. Il y a des gestes pour dire « je t'aime ».

 

Paolo : Paolo nous parle d'une fille qui l'a regardé de proche dans le bus.

 

Mathieu : On peut aussi aimer les animaux. Les animaux nous aiment à leur façon. Les animaux ne se chicanent pas entre eux. Eux aussi, ils vivent l'amour en couple.

 

Félix : L'amour ça peut être d'être complices comme des collègues mais là ce n'est pas l'amour amoureux. Simplement je considère quelqu'un comme une personne importante.

 

Raphaël :  Aimer ça peut être parce qu'on trouve beau quelqu'un mais ça peut être aussi parce que c'est quelqu'un qui nous rend service. Quelqu'un qui est attentionné, quelqu'un pour qui on a du respect. S'il y a de l'égoïsme ou du racisme il n'y a pas d'amour. On aime une personne qui nous motive, qui nous fait des belles surprises.

 

Angel : Ça fait ressentir des papillons dans le ventre. J'aime la façon dont tu me parles, la façon dont tu agis avec moi. La personne qu'on aime c'est une personne qui se distingue des autres. Mais il y a aussi par exemple le poisson qu'on m'a offert quand j'avais 9 ans, lorsqu'il est mort j'ai pleuré, alors j'ai compris que je l'aimais. C'est aussi comme ça quand une personne meurt et qu'on ressent comme un vide, On est déprimé parce qu'on l'aimait.

 

François : François parle de ses déboires à cause d'un malentendu. Il a vécu une expérience avec une personne à qui il avait remis une enveloppe avec une carte et lorsqu'elle l'a ouverte, elle a répondu à cette carte en disant que c'était une déclaration d'amour et qu'elle ne partageait pas cet amour. Alors, d'un côté l'amour ça fait du bien mais aussi parfois ça peut faire très mal. En fait j'ai compris que j'avais de l'admiration et j'ai décidé de tourner la page. «  Pense à rencontrer non pas l'amour mais une bonne personne », je me suis dit.

 

Angel : Depuis l'âge de 6 ans je suis tombé amoureux et c'est la même personne depuis ce temps-là. Parfois, on s'est éloigné à cause de déménagements, De changements, mais on s’est aussi beaucoup aidés, on est aussi des amis pas forcément amoureux. Il faut se connaitre aussi, Avant d'être amoureux il faut faire des activités ensemble. Comprendre comment aborder l'autre.

 

Félix à François : C'était peut-être seulement l'envie de partager une activité artistique, un travail avec elle, pas forcément de l'amour.

 

François : L'amour c'est comme un feu de joie où on se brûle les doigts, comme dit la chanson. Je m'attache à des personnes mais ça ne marche pas toujours comme je veux. L'amitié c'est plus fort que l'amour.

 

Simon : L'amitié ça rassemble le plus de monde. L'amour, c'est pour une seule personne.

 

Angel : Oui, mais tu peux aimer plusieurs personnes !

 

Félix : Mais là tu parles de l'amour amoureux…

 

Angel : Oui, mais il y a aussi l'amour pour sa famille, pour ses parents. Ce n'est pas la même chose que l'amour pour ta copine. Mais elle, elle va entrer dans ta famille.

 

Mathieu : L'amour avec les animaux ou l'amour pour les animaux, c'est international il n'y a pas de problème de langue. On peut se comprendre avec tous les animaux.

 

Simon (à François) : Avec ta sœur, est ce que c'est de l'amour ou de l'amitié ?

 

François : L'amour, dans la famille, c'est ce qu'il y a de plus fort.


 

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