Atelier philo du 10 avril 2026
La
liberté. Qu'est-ce que c'est la liberté ?
Qu'est-ce
que ça veut dire ?
Être
libre à ce qu'il y a des limites à l'autre liberté ?
Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,
Félix, François, Mathieu, Siou, Angel
Technicien : Paolo
Animateur : Jean
François : il faut que le groupe soit attentif et
respectueux de la personne qui prend la parole, c'est une mise en garde avant
de commencer notre discussion. On est en train de faire un travail, c'est une
rencontre sérieuse. Concernant la liberté, François rappelle la chanson de
Georges Moustaki « ma liberté ». La liberté, c'est être maître de ma
destinée, faire des choix personnels sans que personne ne m'impose quoi que ce
soit. Donc, choisir d'aller au ciné ou au restaurant, personne ne me l'impose,
c'est selon mon goût. Si quelqu'un nous oblige à faire quelque chose, ça fait
se sentir coupable. On doit pouvoir s'habiller comme on veut, c'est un autre
exemple.
Simon : il y a différentes libertés. Chaque
moment peut avoir une liberté, mais il y a toujours une limite à la liberté.
Par exemple, la liberté d'expression, on a le droit de s'exprimer, mais il ne
faut pas que ce soit tout le temps la même personne qui parle. J'ai la liberté
de me promener dans les festivals. Mais il faut aussi s'imposer une limite.
Quand j'en ai assez entendu, je rentre chez nous. On peut dire, il y a comme
une sorte de liberté limitée par ses propres capacités.
Paolo : Évoque sa liberté d'adresser un salut,
par exemple à des filles qu’il a croisées dans la rue.
Raphaël : évoque la liberté de « chiler »,
mais de ne pas dire n'importe quoi, il y a des mots que je n'aime pas entendre,
ça peut faire de la peine. Ça pourrait effrayer les autres. On peut dire ce
qu'on veut, mais il faut respecter les autres.
Siou : D'accord avec ce qui a été dit. La
liberté de l'un finit où commence celle de l'autre. Il faut des normes
sociales. Mais pour moi, ce qui est important, c'est d'acquérir une liberté
intérieure, savoir respirer. Mon anxiété me faisait sentir comme dans une
prison intérieure.
Sacha : Je suis libre quand on me laisse écouter
de la musique calme. Je fais des respirations. Les belles choses qu'on chante,
ce sont des beaux moments, on se sent libre, on n'est pas menacé.
Simon : Reprend les paroles de Siou qui parle de
liberté intérieure. Et il évoque le petit hamster s'il tourne de peur ça
empêche d’avoir de la liberté dans sa tête.
Mathieu : la liberté, c’est qu’on peut sortir quand
on veut. C'est ça la liberté. Avoir de l'argent, ça permet d'être libre,
d'acheter ce qu'on veut, ce qui nous font plaisir. Ma liberté est empêchée par
le manque d’argent.
Angel : ça dépend des personnes. Moi je me sens
libre, mais par exemple, y a des gens qui sont pris dans des gangs de rue et
ils doivent faire des choses auxquelles les autres les obligent pour être dans
le groupe. Ça, c'est pas être libre ! Dans une manif aussi, si ça dégénère,
on n'est pas libre à ce moment-là parce que la police intervient et tout le
monde perd sa liberté.
La liberté, ça
dépend aussi des endroits, parce que par exemple, au Guatemala, si on passe en
voiture à la lumière rouge, on n’a pas de ticket, pas comme ici.
Félix : Il y a des règles pas pour brimer la
liberté, mais pour qu'on puisse continuer à vivre en sécurité. Si on a le
droit de tuer, il y a plus de liberté pour tout le monde. Il propose une
expérience de pensée : s'il n'y a pas de règles, pas de sécurité, comment
serait notre vie ? Cette expérience de pensée amène à se dire qu’il n’y
aurait pas de vie possible.
Siou : reprend en s'adressant Angel et Félix :
la liberté, ce n'est pas seulement le choix de faire ce qu'on veut. On a besoin
de sécurité en soi et autour de soi.
La liberté, c’est
chercher à être heureux. Si tu es heureux, tu deviens libre, sans le poids de
l'existence, sans prison intérieure, tu es léger comme un oiseau, tu planes, tu
vois le monde en prenant du recul. Ce qui permet de penser sur le monde.
François : que signifie le mot liberté ? J'ai
plusieurs réponses. Par exemple, quand quelqu'un veut participer aux Jeux
olympiques, il lui faut des commanditaires pour ça. Et je comprends, c'est que
la personne est libre, mais à condition de réunir autour d'elle des conditions
pour d'exercer cette liberté.
Quand quelqu’un
participe à un tournage, c'est son choix. Mais il doit faire ce qu'on lui
demande, de faire des cascades ou utiliser des armes. S'il ne le fait pas, il
ne sera pas payé. La liberté, c'est de dire OK ou pas. La liberté dépend aussi
de ce que les autres nous demandent.
François prend dans l'exemple du chauffeur d'autobus
qui avait foncé dans une garderie près de Montréal. Là, c'est comme s'il avait
exercé une liberté pour faire ce qu'il a fait, mais là, c'est une liberté
négative.
Angel : est-ce que cette personne avait une
liberté psychologique ? Est-ce qu’elle était libre dans sa tête ?
Est-ce que c’était vraiment une décision libre ?
Siou : Il y a aussi donc un problème de santé
mentale. La liberté, consciente ou pas, tout dépend de chacun, des croyances. Il
faut se libérer pour atteindre une liberté.
C’est la question du « libre arbitre » :
est-ce que cette personne, dans sa condition, disposait de son libre
arbitre ? L'acte nous paraît être libre et en fait c'était peut-être une
liberté qui était dépendante de sa maladie, de son trouble mental puissant.
