vendredi 29 mai 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 15) : Le rêve, les rêves


Atelier philo du 30 mai 2026 
 

Aujourd'hui, nous avons travaillé sur le thème :

Le rêve, les rêves. Qu’est-ce que c’est un rêve ?

Pourquoi on rêve ? De quoi on rêve ?

Qu’est-ce qui se passe quand on rêve ?

 

Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,

Félix, François, Siou, Angel,

Technicien : Paolo

Invités : Nathanaël, Maude, Daléane, Alexandre

Animateur : Jean

 

Raphaël :  Quand on s'endort, on se met à rêver, on pense à plusieurs affaires, à des personnes, à des voyages dans des lieux imaginaires, on rêve à ce qu'on aime. Je n'ai pas souvent fait de cauchemar. J'ai la mémoire de mes rêves de jeunesse. Quand on rêve, on a les yeux dans le cerveau. C’est la télé du sommeil. Dans mes rêves, il y a la mémoire de notre ancienne maison, des personnes dont je m'ennuie. Ça me fait voyager. On peut écrire ses rêves et en parler pour s’en rappler. Parfois, c'est triste.

 

Félix : C'est comme un scénario de film mais qui ne marche pas. Je trouve que dans le cinéma, quand on construit un scénario avec un personnage qui rêve, auquel il arrive des choses, des aventures, et puis qui se réveille et tout est résolu, ça fait un scénario paresseux. Le rêve peut renforcer le désir, la volonté, la résilience. C'est plus fort que pour le fun. Si tu rêves des choses, c'est plus fort que de directement le vouloir. Rêver, ça nous reste dans la tête. J'ai rêvé de choses qui se sont réalisées. Par exemple, en ce moment, je rêve de faire L'étrange Noël de Mister Jack à la Gang à Rambrou.

 

Sacha : Je rêve d'avoir de belles choses. Certaines se réalisent. Avoir une nouvelle blonde, j'aimerais ça.

 

Simon : On rêve par la pensée, les pensées se transforment en rêve. Comme une pensée folle. Je me suis endormie. Et c'est devenu un rêve qui s'est réalisé.

 

Alexandre : Le rêve dans les séries de hockey, c'est comme une espérance, un désir, un espoir, un souhait. On dit : « j'aimerais que le Canadien gagne la partie ! »

 

Siou : Il y a plusieurs facettes. Les rêves éveillés, les rêves endormis, plusieurs formes de rêves endormies. On s'en souvient ou pas, ou juste on se souvient de petits morceaux, de flash. Moi, j'essayais de rester dans mon lit pour retrouver les souvenirs de mon rêve. Endormi, mais conscient que je rêvais, conscient que j'étais endormi, mais avec un rêve très clair, très compréhensible, avec un contrôle sur le rêve à ce moment-là. C'est relié à ce que tu vis dans le jour, mais en symbolique. Les rêves qui se répètent : par exemple, moi, je parlais avec des gens et je m'envolais toujours plus haut. Et parfois ça tournait même au cauchemar, je me retrouvais pris dans les filets électriques. Mais jamais plus haut que la maison. Quand j'ai quitté la maison, je rêvais que je montrais à mon frère comment voler. Et puis après cette période, j'ai arrêté de faire ce rêve-là, comme si j'étais allé plus haut que la maison. Quand je ne savais pas que j'avais un trouble du spectre de l'autisme, je voulais aller voir un psychologue. Il m'a demandé quels étaient mes rêves. Moi, j'avais jamais pensé à ça. Tout ce qui venait, c'était un écran noir. Je n’étais pas capable de me projeter, j'ai eu un moment de panique. C'est plein de messages dans les rêves pour comprendre ta vie ou évacuer des choses. Le rêve remplit le temps de la nuit.

 

François : Le rêve, ce sont des images qui se produisent dans notre cerveau. Quand je dors, il se produit des images. J'ai déjà fait des rêves érotiques. Il n'y a rien pour arrêter ça. C'est comme au cinéma. Je peux rêver que je joue du piano avec des musiciens. Ces images se transforment dans notre tête. Les images de la pensée. Il y a des éléments de réalité et puis ça part ailleurs.

 

Siou : C'est du symbolique par rapport à notre vécu.

 

Nathanaël : Je me rappelle pas bien mes rêves endormis. Je rêvasse éveillé, j'imagine, je me projette. Je mets en image des situations hypothétiques. Rêvasser, c'est-à-dire être ailleurs alors que je suis ici, je ne sais pas si c'est volontaire. C'est une forme d'anticipation.

 

Maude : J'aime l'expression « les yeux dans le cerveau ». Le rêvassage :  les gens trouvent qu'il faudrait être productif. Les rêves éveillés, d'inspiration comme être dans la lune.

 

Mathieu : Mes rêves : Avoir une blonde, un chien et mon budget.

 

Daléane : Je me souviens plus des rêves dans les périodes intenses de la vie, quand il y a du stress, des émotions.

 

Angel : Quand on rêve, c'est parce que pendant la journée, on a fait plein d'affaires. Mon rêve à moi, c'est d'avoir un chien dalmatien.

 

Paolo : Rêve de filles qu'il connaît. Être avec elles dans d'autres réalités.


 

 

Écouter nos résumés :

jeudi 28 mai 2026

Vers la retraite... enfin presque !

Quelle soirée magnifique et pleine d'émotions ! 

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont pu venir. Merci aussi à celles et ceux qui y ont pensé mais étaient empêchés. 

Le comité social du département éducation et formation spécialisées avait mis les petits plats dans les grands pour mon plus grand plaisir ! Merci Vitor, Isabelle, Emilie et Barbara

Et merci à toutes et tous les collègues du département et aux autres collègues universitaires qui ont apporté leur chaleureuse amitié à cette rencontre.

Car pour une rencontre, c'en fut toute une ! 

Avec la complicité essentielle de Nathanaël, de Mohamed, et de bien d'autres sans doute qui par pudeur ne m'en ont pas fait la confidence, le comité social a réalisé mon vœu le plus cher : réunir dans une belle fête de l'amitié l'université et les personnes avec lesquelles je suis si heureux depuis 14 ans de partager des aventures artistiques les plus joyeuses et inclusives qui soient pour un partage des savoirs et des expériences dont personne ne soit exclu. Merci aux équipes des organismes qui m'ont accueilli si généreusement :  D'un oeil différent, Les Muses, APPROSH et la Gang à RambrouSans Oublier le Sourire. 


Merci aux artistes qui ont animé avec une énergie débordante la soirée : Alexandre, Sylvie, Simon, Angel, Nicolas, Camille, Laura, Paolo, Gabriel, Mohamed, Nathanaël, Kati.

 


 

 

 

 

 

 

ainsi qu'à  Emmanuel Prud’Homme (Edouardo Hypnotico),  Louis “Lyrique” Legault (Jean Neymar) et à Lilia Korso-Feciane (Sarah Jones) ainsi qu'à leur prof Marie-Anik Deschamps pour le sketch hilarant de l'Hypnotiseur.

Merci aux artistes professionnel·les (Valérie, Hélène Élise, François, Jasmine, Romain, Sylvie, Marie-Pierre, Mohamed, Nathanaël, Menka, Marie-Anik) vous qui offrez à chacune et chacun l'occasion d'exprimer et d'améliorer son talent artistique par un accompagnement vers le meilleur accomplissement possible. 

 

 

vendredi 15 mai 2026

ACFAS 2026 : Au-delà de la déficience intellectuelle et de l’autisme : initier au dialogue philosophique.

Colloque 539 - Enseignements et pratiques de la philosophie aux regards des injustices et inégalités politiques et épistémiques. Pirater la philosophie. 

La page de notre communication sur le site du 93ème congrès de l'ACFAS:  https://www.acfas.ca/evenements/congres/programme/93/500/539/c

Ma proposition :  
Au-delà de la déficience intellectuelle et de l’autisme : initier au dialogue philosophique.
Jean Horvais (UQAM - Université du Québec à Montréal)

vendredi 17 avril 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 14) : La mort

  


Atelier philo du 17 avril 2026

 

Aujourd'hui, nous avons travaillé sur un thème proposé par Simon : la mort.

Qu’est-ce que c'est la mort ?

Pourquoi on a peur de la mort ?

Pourquoi on a peur de mourir ?

Avant de commencer notre séance, nous avons vérifié que tout le monde était à l'aise pour parler de ce de ce thème-là.

 

Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,

Félix, François, Siou, Angel

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

Simon : Ce thème rejoint celui de la tristesse, du deuil, mais aussi celui des souvenirs des personnes qui sont décédées.

 

Raphaël parle des célébrations autour des personnes décédées. Pour lui, dans la mort, on n'est plus dans son corps. Dans ces célébrations, on garde le silence, on met des fleurs. Ça nous rend triste parce que c'est quelqu'un qu'on ne verra plus, on ne verra plus la personne. Il faut considérer qu'on a une seule vie et qu'il faut donc en profiter. Mais la mort, c'est noir, c'est négatif. J'y pense, mais je cherche à me changer les idées. Il y a les accidents de la vieillesse, les personnes parties trop tôt.

 

Sacha : ça fait du chagrin. Mais les personnes sont dans une nouvelle vie, dans une nouvelle dimension.

 

Simon : Tous les êtres vivants meurent. Il y en a qui naissent. Qui vieillissent, et ensuite, qui meurent. On se relaie. Il y en a qui veulent être en cendres, en poussière.

 

François : C'est un sujet dont on ne parle pas beaucoup. Chacun choisit s'il veut en parler. Moi je n'en parle pas beaucoup, je garde ça pour moi. (Il est vrai qu'avant de commencer notre séance, nous avons vérifié que tout le monde était à l'aise pour parler de ce de ce thème-là). François poursuit : À travers la mort, on rend témoignage sur une personne qu'on a aimée. Après la mort, il y a la vie de ceux qui restent. Je me pose des questions. Les services funèbres autrefois avaient lieu à l'Église. Maintenant, les gens préfèrent qu'on les incinère. Mais quand je vais mourir, je ne sentirai plus rien.

 

Siou : La mort, c'est quelque chose de tabou. J'en ai parlé enfant avec mon frère à propos d'un livre. Pour moi, c'était intéressant, mais mon frère, lui, il était choqué. Pour moi, c'est un sujet comme un autre. Ça ne me touche pas comme tout le monde, pour moi c'est normal. Quand il s'agit de la mort de quelqu'un de la famille qui survient brutalement, alors là j'ai réagi différemment. C'était quelqu'un de mon âge, il était créatif, je l'encourageais, j'avais de l'espoir pour lui qu'il s'en sorte, alors qu'il était dans une vie difficile. Il n'était pas allé au bout de ce qu'il aurait pu faire. Sa mort, là, ça m'a dérangé.

Par ailleurs, j'ai écrit beaucoup de chansons sur la mort. Une chanson évoque la mort d'une journée. Ça fait prendre conscience que cette journée ne reviendra pas. La mort des autres nous fait prendre conscience de notre propre mort. Alors il faut vivre sans attendre. Parler de la mort, c'est réaliser : Qu'est-ce que je fais de ma vie ?

 

Félix : Certaines personnes sont mal à l'aise quand on parle de la mort. Je n'ai pas beaucoup de choses à dire sur le sujet. Mais je pensais à mon grand-père. On s'efforce de croire à une vie après la mort pour se consoler.

 

Simon propose une question pour prolonger notre réflexion. « Quand vous allez mourir, qu'est-ce que vous voulez que le monde se souvienne de vous ? »

 

Paolo : Ma grand-mère est morte. J'étais triste. Et j'ai une photo d'elle chez nous.

 

Raphaël : il y a différentes circonstances de mort plus ou moins effrayantes, ça nous crée des images mentales qui parfois nous font peur, qui nous font faire des cauchemars. On le voit aussi aux informations.

 

Siou : Ça, c'est la souffrance qui nous impressionne.

 

Angel : c'est délicat d'en parler, il y en a qui ne supportent pas d'en parler. Quand on est mort, on ne souffre plus. Il faut les laisser partir. Le corps n'est plus là. Mais l'âme est là. Ils nous voient et ils nous protègent. On ne les voit pas les personnes mortes, mais on les ressent. Il y a du paranormal dans la vie.

 

Siou : De toute façon, penser à quelqu'un qui est mort, on sent sa présence.

 

Angel : On n’en parle pas parce que on a peur de mourir. On ne devrait pas avoir peur, on ne devrait pas s'inquiéter, on ne souffrira plus et on retrouvera ceux qu'on aime. Je voudrais qu'on se souvienne de moi comme d'une personne gentille, qui aide et qui est un bon chanteur.


 

 

 

vendredi 10 avril 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 13) : La liberté

   


Atelier philo du 10 avril 2026

 

La liberté. Qu'est-ce que c'est la liberté ?

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Être libre à ce qu'il y a des limites à l'autre liberté ?

 

Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,

Félix, François, Mathieu, Siou, Angel

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

François : il faut que le groupe soit attentif et respectueux de la personne qui prend la parole, c'est une mise en garde avant de commencer notre discussion. On est en train de faire un travail, c'est une rencontre sérieuse. Concernant la liberté, François rappelle la chanson de Georges Moustaki « ma liberté ». La liberté, c'est être maître de ma destinée, faire des choix personnels sans que personne ne m'impose quoi que ce soit. Donc, choisir d'aller au ciné ou au restaurant, personne ne me l'impose, c'est selon mon goût. Si quelqu'un nous oblige à faire quelque chose, ça fait se sentir coupable. On doit pouvoir s'habiller comme on veut, c'est un autre exemple.

 

Simon : il y a différentes libertés. Chaque moment peut avoir une liberté, mais il y a toujours une limite à la liberté. Par exemple, la liberté d'expression, on a le droit de s'exprimer, mais il ne faut pas que ce soit tout le temps la même personne qui parle. J'ai la liberté de me promener dans les festivals. Mais il faut aussi s'imposer une limite. Quand j'en ai assez entendu, je rentre chez nous. On peut dire, il y a comme une sorte de liberté limitée par ses propres capacités.

 

Paolo : Évoque sa liberté d'adresser un salut, par exemple à des filles qu’il a croisées dans la rue.

 

Raphaël : évoque la liberté de « chiler », mais de ne pas dire n'importe quoi, il y a des mots que je n'aime pas entendre, ça peut faire de la peine. Ça pourrait effrayer les autres. On peut dire ce qu'on veut, mais il faut respecter les autres.

 

Siou : D'accord avec ce qui a été dit. La liberté de l'un finit où commence celle de l'autre. Il faut des normes sociales. Mais pour moi, ce qui est important, c'est d'acquérir une liberté intérieure, savoir respirer. Mon anxiété me faisait sentir comme dans une prison intérieure.

 

Sacha : Je suis libre quand on me laisse écouter de la musique calme. Je fais des respirations. Les belles choses qu'on chante, ce sont des beaux moments, on se sent libre, on n'est pas menacé.

 

Simon : Reprend les paroles de Siou qui parle de liberté intérieure. Et il évoque le petit hamster s'il tourne de peur ça empêche d’avoir de la liberté dans sa tête.

 

Mathieu : la liberté, c’est qu’on peut sortir quand on veut. C'est ça la liberté. Avoir de l'argent, ça permet d'être libre, d'acheter ce qu'on veut, ce qui nous font plaisir. Ma liberté est empêchée par le manque d’argent.

 

Angel : ça dépend des personnes. Moi je me sens libre, mais par exemple, y a des gens qui sont pris dans des gangs de rue et ils doivent faire des choses auxquelles les autres les obligent pour être dans le groupe. Ça, c'est pas être libre ! Dans une manif aussi, si ça dégénère, on n'est pas libre à ce moment-là parce que la police intervient et tout le monde perd sa liberté.

La liberté, ça dépend aussi des endroits, parce que par exemple, au Guatemala, si on passe en voiture à la lumière rouge, on n’a pas de ticket, pas comme ici.

 

Félix : Il y a des règles pas pour brimer la liberté, mais pour qu'on puisse continuer à vivre en sécurité. Si on a le droit de tuer, il y a plus de liberté pour tout le monde. Il propose une expérience de pensée : s'il n'y a pas de règles, pas de sécurité, comment serait notre vie ? Cette expérience de pensée amène à se dire qu’il n’y aurait pas de vie possible.

 

Siou : reprend en s'adressant Angel et Félix : la liberté, ce n'est pas seulement le choix de faire ce qu'on veut. On a besoin de sécurité en soi et autour de soi.

La liberté, c’est chercher à être heureux. Si tu es heureux, tu deviens libre, sans le poids de l'existence, sans prison intérieure, tu es léger comme un oiseau, tu planes, tu vois le monde en prenant du recul. Ce qui permet de penser sur le monde.

 

François : que signifie le mot liberté ? J'ai plusieurs réponses. Par exemple, quand quelqu'un veut participer aux Jeux olympiques, il lui faut des commanditaires pour ça. Et je comprends, c'est que la personne est libre, mais à condition de réunir autour d'elle des conditions pour d'exercer cette liberté.

Quand quelqu’un participe à un tournage, c'est son choix. Mais il doit faire ce qu'on lui demande, de faire des cascades ou utiliser des armes. S'il ne le fait pas, il ne sera pas payé. La liberté, c'est de dire OK ou pas. La liberté dépend aussi de ce que les autres nous demandent.

 

François prend dans l'exemple du chauffeur d'autobus qui avait foncé dans une garderie près de Montréal. Là, c'est comme s'il avait exercé une liberté pour faire ce qu'il a fait, mais là, c'est une liberté négative.

 

Angel : est-ce que cette personne avait une liberté psychologique ? Est-ce qu’elle était libre dans sa tête ? Est-ce que c’était vraiment une décision libre ?

 

Siou : Il y a aussi donc un problème de santé mentale. La liberté, consciente ou pas, tout dépend de chacun, des croyances. Il faut se libérer pour atteindre une liberté.


 


C’est la question du « libre arbitre » : est-ce que cette personne, dans sa condition, disposait de son libre arbitre ? L'acte nous paraît être libre et en fait c'était peut-être une liberté qui était dépendante de sa maladie, de son trouble mental puissant. 

 

vendredi 27 mars 2026

REPAQ-Parents : vers des écoles alternatives inclusives

J'ai passé une agréable soirée, certes, en visio, mais tout de même, bien intéressante avec le réseau des parents du REPAQ.

Voici plus loin, l'essentiel de mon propos introductif à la discussion sur la formulation de la 18 ème condition du nouveau recueil des conditions pour une école alternative. 



 

  

 

Mais d'abord, il faut présenter la 18 ème condition que j'ai proposé à l'équipe du REPAQ et qui a été amendée pour convenir largement à tous : 



Lire le brouillon de mon propos : 

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 12) : Normal - pas normal

  

Atelier philo du 27 mars 2026 

Normal, pas normal. Qu’est-ce que ça veut dire ?

 

Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,

Félix, François, Mathieu, Siou, Angel

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

Félix : peut-on être normal ? on a tous notre définition d'être normal. En neurodiversité, on peut tous se fondre dans la masse.

 

Raphaël : Quand ça se passe comme d'habitude ; c'est ça qui est normal, qu'il n'y a pas de problème. Si c'est bizarre, c'est une fausse pensée, en fait bah c'est normal. Une personne normale, c'est quelqu'un qui se comporte normalement, qui fait tout comme il faut, pas comme moi qui me conduis un peu bizarrement. Il faudrait que je sois normal, que je m'habille comme tout le monde. Dans le métro, on voit aussi des personnes qui ont des comportements avec des problèmes de santé. Je suis quelqu'un de pas normal, je fais tout autrement que tout le monde, je dis des exagérations.

 

Félix : La normalité, c'est dur à établir. Il faudrait être tous d'accord sur la normalité. Raphaël, ta mère te dit que tu t’habilles pas bien mais moi je trouve pas.

 

Raphaël : je me dis souvent que je suis nul. Je me dis des insultes à moi-même.

 

Félix : c'est une mauvaise estime de soi !

 

Simon : Il n’y a personne de normal ; peu importe la normalité. Si on demande à quelqu'un s'il est normal ; il répondra qu'il n’y a personne de normal. Quelqu’un qui est normal, ça veut dire qu'il est parfait et qu'il n'a pas de défaut : ça n'existe pas !

 

François : j'ai une déficience intellectuelle. Suis-je normal ? Ben oui, je suis normal ! Quand j'étais à l'école, à chaque fois que je donnais une mauvaise réponse, on se moquait de moi. Je me suis dit : « fais-toi-z-en pas avec ça, s'il y a des affaires que tu fais pas correctes, laisse faire les autres, ignore-les ! » ça m'a pris du temps de le comprendre. C'est l'école de la vie, c'est pas pour être parfait. C’est normal de ne pas tout comprendre. Un itinérant qui gueule, c'est pas un comportement normal, mais on ne peut pas comprendre pourquoi il fait ça.

 

Sacha : être normal, c'est quelqu'un qui est doux, qui est calme, qui dit des choses gentilles, qui paraît bien, qui est zen, qui n'est pas violent. Des personnes qui baissent mon bras doucement parce que ça ça m'aide à rester calme.

 

Mathieu : Personne n'est normal parce que personne ne fait parfaitement les choses à faire. Tout le monde a sa propre façon de marcher, son allure.

 

Siou : La normalité vient de la société. C'est la société qui crée des normes, des lois. Le monde se mêle de tout. C'est quelque chose de plaqué. On nous la montre et on veut qu'on la suive sans trop penser. Pour les personnes autistes comme moi, j'arrivais pas à faire les choses comme tout le monde et à un moment j'ai compris que j'avais un problème. j'étais puni à l'école parce que je poussais des petits cris à cause de mon autisme.  Tout le monde se regarde et voit ce qui n'est pas normal chez l'autre. On devrait laisser chacun faire les choses comme il veut si ça dérange pas les autres. On s'impose à soi-même cette norme inconsciemment. On veut ressembler à tout le monde pour se faire des amis. La normalité ça vient de soi, de sa propre manière d'exprimer sa personnalité

 

Angel :  Quand on était petit on nous disait de suivre les adultes pour apprendre à faire les choses normalement. Quand on veut être comme les autres, on n’y parvient pas parce qu'on est différent des autres. À l'école, on veut apprendre comme les autres, mais il faudrait nous apprendre comment grandir tout en étant différent des autres. Au secondaire, j'ai appris à ne pas être comme les autres, à cause de la différence dans la capacité d'apprentissage. En grandissant, je me suis rendu compte que j'étais normal mais pas comme les autres.  Je ne pensais pas que j'avais une DI. J'ai eu du mal à l'accepter.  Je voulais être comme les autres. Mais il faut accepter d'être soi-même, d'être pas comme les autres, normal ou pas normal, ça dépend comment chacun se sent.

 

François : Quelqu’un qui est normal, ça apporte un sens à la vie. Quand je vois une personne handicapée, c'est pas parce qu'elle est en chaise roulante, moi, je la trouve normale dans sa condition.

 

Simon : (reprenant des propos de Siou) On est souvent pris dans des engrenages moi je me trouve normal - pas normal, entre les 2.

 

Siou : Normal, pas normal, c'est des mots qu'on n'aime pas tellement.  Quand on nous impose une norme ça provoque de l'anxiété à cause du jugement qui va avec ça. Il ne faut pas faire de « masking ». (= faire des efforts pour cacher sa singularité)

Écouter les résumés :

vendredi 20 mars 2026

Atelier philo : focus groupe d'artistes à l'écomusée du fier monde

 Dans le cadre de la programmation de l'exposition-événement D'un oeil différent, 

Focus-groupe d’artistes dont l’objectif est de permettre aux artistes de s’exprimer sur leur activité artistique, en particulier à propos de leur inspiration, de leurs apprentissages, de leurs choix esthétiques et techniques ainsi que de leurs attentes et désirs. 

 

Les artistes participant au focus groupe doivent avoir soit une œuvre exposée à DOD 2026, soit venir avec une autre œuvre, soit en avoir une photo de bonne qualité sur clé USB.

 

La séance a été filmée afin de pouvoir être intégrée comme données primaires dans une recherche comportant un volet sur les activités artistiques des personnes DI/TSA. 

 

Une séance passionnante, évidemment !