mardi 16 juin 2026

Publication : Horvais, Jean. (2026). Développement de la collaboration en médiation musicale dans un service hospitalier psychiatrique. Travail et Apprentissages, 30(1), 169‑180.

Suite au REF 2024 à Fribourg, voici la publication finale de nos articles. 

Numéro coordonné par Trébert, D., Vinatier, I. et Merri, M. L’activité collective relève-t-elle de modalités spécifiques d’interactions ? (2026). Travail et Apprentissages, (30), 

 

https://shs-cairn-info.proxy.bibliotheques.uqam.ca/revue-travail-et-apprentissages-2026-1?lang=fr.

Mon article :  

Horvais, Jean. (2026). Développement de la collaboration en médiation musicale dans un service hospitalier psychiatrique. Travail et Apprentissages, 30(1), 169‑180. https://doi.org/10.3917/ta.030.0169

vendredi 12 juin 2026

Message à mes collègues lors de ma dernière réunion d'assemblée départementale

 

Chères et chers collègues, 

J'ai demandé à prendre très brièvement la parole au début de cette dernière AD de ma carrière à l'UQAM. Après ce petit propos, je m'éclipserai pour aller participer à une générale du dernier spectacle réunissant un organisme communautaire en DI/TSA et l'opéra de Montréal. 
47 ans de travail. Je ne pensais pas que la retraite venait aussi vite. Mais dans un domaine de travail passionnant, le temps file !
Je voudrais toutes et tous vous remercier du fond du cœur pour les 14 années passées parmi vous, à l'UQAM, dans notre sympathique Département Education et Formation Spécialisées. Je n'ai avec vous que de bons souvenirs de personnes cordiales, souriantes, attentionnées. Un milieu de travail bienveillant où j'estime avoir eu la chance de rencontrer de brillantes personnes en enseignement et en recherche. Mon seul petit regret, c'est que nous n'ayons pas assez de temps pour nous parler de nos projets de recherche, et même de nos projets tout court : projets de lecture, de voyages, de création ; de nos réflexions et de notre vision de l'éducation, de la pédagogie, de la  formation.  
Je sais néanmoins que les valeurs qui nous unissent sont des valeurs humanistes pour une éducation qui favorise l'émancipation et qui offre avec équité et magnanimité une place à toute la diversité des allures et des parcours de vie humaine. Une éducation qui donne les moyens à chaque personne de s'accomplir à la hauteur de ses désirs. Je crois que c'est actuellement ce que l'on appelle une éducation inclusive. 
Pour ma modeste part, j'ai inlassablement cherché à promouvoir ce projet en faveur des personnes de la diversité capacitaire. J'admire celles et ceux qui parmi nous font de même au profit d'autres publics défavorisés, marginalisés, vulnérables pour quelque cause que ce soit. 
L'université est un bien commun auquel tout le monde contribue par l'impôt et doit pouvoir aussi y être reconnu pour sa contribution à la connaissance. Et de ce bien commun, tout le monde doit pouvoir tirer satisfaction et bénéfice dans son désir d'apprendre. Là encore, quelle que soit son allure de vie. 
Il n'est pas temps d'énumérer immodestement mes quelques réalisations en ce domaine, mais simplement de vous partager combien j'ai été touché que le comité social ait pensé à inviter pour une magnifique fête de retraite le 28 mai dernier, les nombreux amis au milieu desquels j'ai travaillé dans le communautaire : les participants avec qui j'ai fait de la recherche, de la formation, qui m'ont accompagné pour enrichir des cours et conférences, mais aussi de la musique, du théâtre, et même cette année du dialogue philosophique, etc. 
Le statut de professeur associé qui me sera accordé me permettra de garder un lien fonctionnel avec l'UQAM, mais de toute façon, de ma région beaujolaise, je continuerai à penser à vous et à chantonner "je reviendrai à Montréal" et tant d'autres tounes québécoises que je fais connaitre à mes petites filles. 
Présentement, il n'est pas temps de chanter, mais simplement de vous dire au revoir. On se croisera sûrement encore dans les couloirs ces prochaines semaines. 

Merci infiniment à toutes et tous.  

vendredi 5 juin 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 16) : la philosophie

  


Atelier philo du 5 juin 2026

 

Aujourd'hui, nous avons travaillé sur le thème :

Qu’est-ce que c’est la philosophie ?

Qu’est-ce qu’on fait quand on philosophe ?

 

Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,

Félix, François, Siou, Angel,

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

Simon : c'est de parler de plein de sujets, le mot important, c'est philosophe, c'est ceux qui étudient les constellations. On parle de sujets dont on n'a pas l'habitude de parler avec d'autres personnes.

 

Angel : Je n'ai pas eu l'occasion d'en parler avec mes parents parce que eux, ils parlent espagnol. Mais pour moi, la philosophie, c'est des chercheurs qui ont l'expérience bien avant nous. La philosophie a évolué à travers les différents philosophes. En allant au colloque, j'ai découvert qu'il y avait d'autres personnes qui pratiquaient la philosophie et en s’aidant d'outils de communication adaptés. La Philo. Moi j'entends le mot fil, c'est un fil sur lequel on peut tirer et s'attacher pour être tous sur la même longueur d'onde.

 

Raphaël : La philosophie ? Ben moi, je pense à mon personnage de philosophe au théâtre. Jean avait présenté en début d'année des pensées de philosophes. Je suis un bon philosophe. On s'exprime personnellement sur nos idées, surtout quand avec on parle avec la vidéo, on redit les bonnes phrases, les bonnes idées qu'on a eues.

 

François : Ce n'est pas de raconter des histoires, c’est penser sur des faits. C'est une façon d'exprimer comment sont les choses, des formes, donc des sujets, la façon de voir les choses. Regarder la réalité en face. Être philosophe, c'est avoir de la curiosité. Il se produit des images dans ma tête quand on donne le thème, des images positives ou négatives. On parle de choses inexplicables, on cherche le pourquoi, le comment, comment les choses sont telles qu'elles sont ? Quand il y a une tempête, des dégâts. Pourquoi ? Pourquoi ici ? pourquoi avec ces personnes-là qui en sont victimes ? Je regarde souvent la chaîne Historia et à travers les événements de l'histoire, je me pose ces questions.

 

Simon : La chute de l'arbre dans la tempête, pourquoi ça nous arrive pas à nous, mais à d'autres ? Et inversement.

 

Angel : La météo nous prévient qu'une tornade arrive, ça nous protège. À force de penser en philosophe, j’en perds mes cheveux.

 

Mathieu : ça m'aide à parler plus avec l'aide de Jean. J'en parle aussi souvent avec ma mère.

 

Sacha : philosopher, c'est parler de ce que j'aime, de ce que j'ai vécu, dire comment je me sens.

 

Félix : Philosopher, ça ouvre l'esprit. Ça nous amène à dire des choses qu'on ne dirait pas ailleurs. Des choses auxquelles on a habituellement pas l'occasion de penser. C'est tout un processus. Il faut un sujet ou un thème. Prendre le temps de la réflexion. Et ensuite, dire des paroles qui expliquent ce que l'on pense.

 

Simon : C'est plus facile de penser en philosophie dans l'atelier qu'en dehors, parce que nous, ici, on se connaît. On n'a pas de gêne et on se respecte.

 

Siou : J'aime venir à l'atelier de philosophie, mais faut que je me lève de bonne heure. On philosophe souvent sans dire qu'on philosophe, c'est naturel pour l'être humain. Je philosophe dans les moments où je ne comprends rien. Je réfléchis, je compare. Quand il y a de la fatigue, du trop-plein, tu peux revenir à toi, à ton intériorité. Tu passes de la survie à la vie à ton être profond. L’essentiel de l'être humain, c'est sa pensée. Il fait des belles choses, mais aussi le pire. On peut avoir confiance en nous.  Il y a de l'incompréhension. Il faut trier. Et essayer de comprendre même les méchants, les pauvres, essayer de comprendre le mal. Ça oblige à réfléchir, réfléchir à ce qui nous confronte. Prendre conscience de la lourdeur de la vie jusque dans son corps, mais sans en être paralysé. Il faut refaire la même réflexion souvent, la réactiver. Les sujets qu'on a traités se croisent, on pourrait reprendre les mêmes sujets de l'année et il y aurait certainement des pensées nouvelles.

 




Écouter nos résumés >>>>>>>> 

vendredi 29 mai 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 15) : Le rêve, les rêves


Atelier philo du 30 mai 2026 
 

Aujourd'hui, nous avons travaillé sur le thème :

Le rêve, les rêves. Qu’est-ce que c’est un rêve ?

Pourquoi on rêve ? De quoi on rêve ?

Qu’est-ce qui se passe quand on rêve ?

 

Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,

Félix, François, Siou, Angel,

Technicien : Paolo

Invités : Nathanaël, Maude, Daléane, Alexandre

Animateur : Jean

 

Raphaël :  Quand on s'endort, on se met à rêver, on pense à plusieurs affaires, à des personnes, à des voyages dans des lieux imaginaires, on rêve à ce qu'on aime. Je n'ai pas souvent fait de cauchemar. J'ai la mémoire de mes rêves de jeunesse. Quand on rêve, on a les yeux dans le cerveau. C’est la télé du sommeil. Dans mes rêves, il y a la mémoire de notre ancienne maison, des personnes dont je m'ennuie. Ça me fait voyager. On peut écrire ses rêves et en parler pour s’en rappeler. Parfois, c'est triste.

 

Félix : C'est comme un scénario de film mais qui ne marche pas. Je trouve que dans le cinéma, quand on construit un scénario avec un personnage qui rêve, auquel il arrive des choses, des aventures, et puis qui se réveille et tout est résolu, ça fait un scénario paresseux. Le rêve peut renforcer le désir, la volonté, la résilience. C'est plus fort que pour le fun. Si tu rêves des choses, c'est plus fort que de directement le vouloir. Rêver, ça nous reste dans la tête. J'ai rêvé de choses qui se sont réalisées. Par exemple, en ce moment, je rêve de faire L'étrange Noël de Mister Jack à la Gang à Rambrou.

 

Sacha : Je rêve d'avoir de belles choses. Certaines se réalisent. Avoir une nouvelle blonde, j'aimerais ça.

 

Simon : On rêve par la pensée, les pensées se transforment en rêve. Comme une pensée folle. Je me suis endormie. Et c'est devenu un rêve qui s'est réalisé.

 

Alexandre : Le rêve dans les séries de hockey, c'est comme une espérance, un désir, un espoir, un souhait. On dit : « j'aimerais que le Canadien gagne la partie ! »

 

Siou : Il y a plusieurs facettes. Les rêves éveillés, les rêves endormis, plusieurs formes de rêves endormies. On s'en souvient ou pas, ou juste on se souvient de petits morceaux, de flash. Moi, j'essayais de rester dans mon lit pour retrouver les souvenirs de mon rêve. Endormi, mais conscient que je rêvais, conscient que j'étais endormi, mais avec un rêve très clair, très compréhensible, avec un contrôle sur le rêve à ce moment-là. C'est relié à ce que tu vis dans le jour, mais en symbolique. Les rêves qui se répètent : par exemple, moi, je parlais avec des gens et je m'envolais toujours plus haut. Et parfois ça tournait même au cauchemar, je me retrouvais pris dans les filets électriques. Mais jamais plus haut que la maison. Quand j'ai quitté la maison, je rêvais que je montrais à mon frère comment voler. Et puis après cette période, j'ai arrêté de faire ce rêve-là, comme si j'étais allé plus haut que la maison. Quand je ne savais pas que j'avais un trouble du spectre de l'autisme, je voulais aller voir un psychologue. Il m'a demandé quels étaient mes rêves. Moi, j'avais jamais pensé à ça. Tout ce qui venait, c'était un écran noir. Je n’étais pas capable de me projeter, j'ai eu un moment de panique. C'est plein de messages dans les rêves pour comprendre ta vie ou évacuer des choses. Le rêve remplit le temps de la nuit.

 

François : Le rêve, ce sont des images qui se produisent dans notre cerveau. Quand je dors, il se produit des images. J'ai déjà fait des rêves érotiques. Il n'y a rien pour arrêter ça. C'est comme au cinéma. Je peux rêver que je joue du piano avec des musiciens. Ces images se transforment dans notre tête. Les images de la pensée. Il y a des éléments de réalité et puis ça part ailleurs.

 

Siou : C'est du symbolique par rapport à notre vécu.

 

Nathanaël : Je me rappelle pas bien mes rêves endormis. Je rêvasse éveillé, j'imagine, je me projette. Je mets en image des situations hypothétiques. Rêvasser, c'est-à-dire être ailleurs alors que je suis ici, je ne sais pas si c'est volontaire. C'est une forme d'anticipation.

 

Maude : J'aime l'expression « les yeux dans le cerveau ». Le rêvassage :  les gens trouvent qu'il faudrait être productif. Les rêves éveillés, d'inspiration comme être dans la lune.

 

Mathieu : Mes rêves : Avoir une blonde, un chien et mon budget.

 

Daléane : Je me souviens plus des rêves dans les périodes intenses de la vie, quand il y a du stress, des émotions.

 

Angel : Quand on rêve, c'est parce que pendant la journée, on a fait plein d'affaires. Mon rêve à moi, c'est d'avoir un chien dalmatien.

 

Paolo : Rêve de filles qu'il connaît. Être avec elles dans d'autres réalités.


 

 

Écouter nos résumés :

jeudi 28 mai 2026

Vers la retraite... enfin presque !

Quelle soirée magnifique et pleine d'émotions ! 

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont pu venir. Merci aussi à celles et ceux qui y ont pensé mais étaient empêchés. 

Le comité social du département éducation et formation spécialisées avait mis les petits plats dans les grands pour mon plus grand plaisir ! Merci Vitor, Isabelle, Emilie et Barbara

Et merci à toutes et tous les collègues du département et aux autres collègues universitaires qui ont apporté leur chaleureuse amitié à cette rencontre.

Car pour une rencontre, c'en fut toute une ! 

Avec la complicité essentielle de Nathanaël, de Mohamed, et de bien d'autres sans doute qui par pudeur ne m'en ont pas fait la confidence, le comité social a réalisé mon vœu le plus cher : réunir dans une belle fête de l'amitié l'université et les personnes avec lesquelles je suis si heureux depuis 14 ans de partager des aventures artistiques les plus joyeuses et inclusives qui soient pour un partage des savoirs et des expériences dont personne ne soit exclu. Merci aux équipes des organismes qui m'ont accueilli si généreusement :  D'un oeil différent, Les Muses, APPROSH et la Gang à RambrouSans Oublier le Sourire. 


Merci aux artistes qui ont animé avec une énergie débordante la soirée : Alexandre, Sylvie, Simon, Angel, Nicolas, Camille, Laura, Paolo, Gabriel, Mohamed, Nathanaël, Kati.

 


 

 

 

 

 

 

ainsi qu'à  Emmanuel Prud’Homme (Edouardo Hypnotico),  Louis “Lyrique” Legault (Jean Neymar) et à Lilia Korso-Feciane (Sarah Jones) ainsi qu'à leur prof Marie-Anik Deschamps pour le sketch hilarant de l'Hypnotiseur.

Merci aux artistes professionnel·les (Valérie, Hélène Élise, François, Jasmine, Romain, Sylvie, Marie-Pierre, Mohamed, Nathanaël, Menka, Marie-Anik) vous qui offrez à chacune et chacun l'occasion d'exprimer et d'améliorer son talent artistique par un accompagnement vers le meilleur accomplissement possible. 

 

 

vendredi 15 mai 2026

ACFAS 2026 : Au-delà de la déficience intellectuelle et de l’autisme : initier au dialogue philosophique.

Colloque 539 - Enseignements et pratiques de la philosophie aux regards des injustices et inégalités politiques et épistémiques. Pirater la philosophie. 

La page de notre communication sur le site du 93ème congrès de l'ACFAS:  https://www.acfas.ca/evenements/congres/programme/93/500/539/c

Ma proposition :  
Au-delà de la déficience intellectuelle et de l’autisme : initier au dialogue philosophique.
Jean Horvais (UQAM - Université du Québec à Montréal)

vendredi 17 avril 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 14) : La mort

  


Atelier philo du 17 avril 2026

 

Aujourd'hui, nous avons travaillé sur un thème proposé par Simon : la mort.

Qu’est-ce que c'est la mort ?

Pourquoi on a peur de la mort ?

Pourquoi on a peur de mourir ?

Avant de commencer notre séance, nous avons vérifié que tout le monde était à l'aise pour parler de ce de ce thème-là.

 

Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,

Félix, François, Siou, Angel

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

Simon : Ce thème rejoint celui de la tristesse, du deuil, mais aussi celui des souvenirs des personnes qui sont décédées.

 

Raphaël parle des célébrations autour des personnes décédées. Pour lui, dans la mort, on n'est plus dans son corps. Dans ces célébrations, on garde le silence, on met des fleurs. Ça nous rend triste parce que c'est quelqu'un qu'on ne verra plus, on ne verra plus la personne. Il faut considérer qu'on a une seule vie et qu'il faut donc en profiter. Mais la mort, c'est noir, c'est négatif. J'y pense, mais je cherche à me changer les idées. Il y a les accidents de la vieillesse, les personnes parties trop tôt.

 

Sacha : ça fait du chagrin. Mais les personnes sont dans une nouvelle vie, dans une nouvelle dimension.

 

Simon : Tous les êtres vivants meurent. Il y en a qui naissent. Qui vieillissent, et ensuite, qui meurent. On se relaie. Il y en a qui veulent être en cendres, en poussière.

 

François : C'est un sujet dont on ne parle pas beaucoup. Chacun choisit s'il veut en parler. Moi je n'en parle pas beaucoup, je garde ça pour moi. (Il est vrai qu'avant de commencer notre séance, nous avons vérifié que tout le monde était à l'aise pour parler de ce de ce thème-là). François poursuit : À travers la mort, on rend témoignage sur une personne qu'on a aimée. Après la mort, il y a la vie de ceux qui restent. Je me pose des questions. Les services funèbres autrefois avaient lieu à l'Église. Maintenant, les gens préfèrent qu'on les incinère. Mais quand je vais mourir, je ne sentirai plus rien.

 

Siou : La mort, c'est quelque chose de tabou. J'en ai parlé enfant avec mon frère à propos d'un livre. Pour moi, c'était intéressant, mais mon frère, lui, il était choqué. Pour moi, c'est un sujet comme un autre. Ça ne me touche pas comme tout le monde, pour moi c'est normal. Quand il s'agit de la mort de quelqu'un de la famille qui survient brutalement, alors là j'ai réagi différemment. C'était quelqu'un de mon âge, il était créatif, je l'encourageais, j'avais de l'espoir pour lui qu'il s'en sorte, alors qu'il était dans une vie difficile. Il n'était pas allé au bout de ce qu'il aurait pu faire. Sa mort, là, ça m'a dérangé.

Par ailleurs, j'ai écrit beaucoup de chansons sur la mort. Une chanson évoque la mort d'une journée. Ça fait prendre conscience que cette journée ne reviendra pas. La mort des autres nous fait prendre conscience de notre propre mort. Alors il faut vivre sans attendre. Parler de la mort, c'est réaliser : Qu'est-ce que je fais de ma vie ?

 

Félix : Certaines personnes sont mal à l'aise quand on parle de la mort. Je n'ai pas beaucoup de choses à dire sur le sujet. Mais je pensais à mon grand-père. On s'efforce de croire à une vie après la mort pour se consoler.

 

Simon propose une question pour prolonger notre réflexion. « Quand vous allez mourir, qu'est-ce que vous voulez que le monde se souvienne de vous ? »

 

Paolo : Ma grand-mère est morte. J'étais triste. Et j'ai une photo d'elle chez nous.

 

Raphaël : il y a différentes circonstances de mort plus ou moins effrayantes, ça nous crée des images mentales qui parfois nous font peur, qui nous font faire des cauchemars. On le voit aussi aux informations.

 

Siou : Ça, c'est la souffrance qui nous impressionne.

 

Angel : c'est délicat d'en parler, il y en a qui ne supportent pas d'en parler. Quand on est mort, on ne souffre plus. Il faut les laisser partir. Le corps n'est plus là. Mais l'âme est là. Ils nous voient et ils nous protègent. On ne les voit pas les personnes mortes, mais on les ressent. Il y a du paranormal dans la vie.

 

Siou : De toute façon, penser à quelqu'un qui est mort, on sent sa présence.

 

Angel : On n’en parle pas parce que on a peur de mourir. On ne devrait pas avoir peur, on ne devrait pas s'inquiéter, on ne souffrira plus et on retrouvera ceux qu'on aime. Je voudrais qu'on se souvienne de moi comme d'une personne gentille, qui aide et qui est un bon chanteur.


 

 

 

vendredi 10 avril 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 13) : La liberté

   


Atelier philo du 10 avril 2026

 

La liberté. Qu'est-ce que c'est la liberté ?

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Être libre à ce qu'il y a des limites à l'autre liberté ?

 

Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,

Félix, François, Mathieu, Siou, Angel

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

François : il faut que le groupe soit attentif et respectueux de la personne qui prend la parole, c'est une mise en garde avant de commencer notre discussion. On est en train de faire un travail, c'est une rencontre sérieuse. Concernant la liberté, François rappelle la chanson de Georges Moustaki « ma liberté ». La liberté, c'est être maître de ma destinée, faire des choix personnels sans que personne ne m'impose quoi que ce soit. Donc, choisir d'aller au ciné ou au restaurant, personne ne me l'impose, c'est selon mon goût. Si quelqu'un nous oblige à faire quelque chose, ça fait se sentir coupable. On doit pouvoir s'habiller comme on veut, c'est un autre exemple.

 

Simon : il y a différentes libertés. Chaque moment peut avoir une liberté, mais il y a toujours une limite à la liberté. Par exemple, la liberté d'expression, on a le droit de s'exprimer, mais il ne faut pas que ce soit tout le temps la même personne qui parle. J'ai la liberté de me promener dans les festivals. Mais il faut aussi s'imposer une limite. Quand j'en ai assez entendu, je rentre chez nous. On peut dire, il y a comme une sorte de liberté limitée par ses propres capacités.

 

Paolo : Évoque sa liberté d'adresser un salut, par exemple à des filles qu’il a croisées dans la rue.

 

Raphaël : évoque la liberté de « chiler », mais de ne pas dire n'importe quoi, il y a des mots que je n'aime pas entendre, ça peut faire de la peine. Ça pourrait effrayer les autres. On peut dire ce qu'on veut, mais il faut respecter les autres.

 

Siou : D'accord avec ce qui a été dit. La liberté de l'un finit où commence celle de l'autre. Il faut des normes sociales. Mais pour moi, ce qui est important, c'est d'acquérir une liberté intérieure, savoir respirer. Mon anxiété me faisait sentir comme dans une prison intérieure.

 

Sacha : Je suis libre quand on me laisse écouter de la musique calme. Je fais des respirations. Les belles choses qu'on chante, ce sont des beaux moments, on se sent libre, on n'est pas menacé.

 

Simon : Reprend les paroles de Siou qui parle de liberté intérieure. Et il évoque le petit hamster s'il tourne de peur ça empêche d’avoir de la liberté dans sa tête.

 

Mathieu : la liberté, c’est qu’on peut sortir quand on veut. C'est ça la liberté. Avoir de l'argent, ça permet d'être libre, d'acheter ce qu'on veut, ce qui nous font plaisir. Ma liberté est empêchée par le manque d’argent.

 

Angel : ça dépend des personnes. Moi je me sens libre, mais par exemple, y a des gens qui sont pris dans des gangs de rue et ils doivent faire des choses auxquelles les autres les obligent pour être dans le groupe. Ça, c'est pas être libre ! Dans une manif aussi, si ça dégénère, on n'est pas libre à ce moment-là parce que la police intervient et tout le monde perd sa liberté.

La liberté, ça dépend aussi des endroits, parce que par exemple, au Guatemala, si on passe en voiture à la lumière rouge, on n’a pas de ticket, pas comme ici.

 

Félix : Il y a des règles pas pour brimer la liberté, mais pour qu'on puisse continuer à vivre en sécurité. Si on a le droit de tuer, il y a plus de liberté pour tout le monde. Il propose une expérience de pensée : s'il n'y a pas de règles, pas de sécurité, comment serait notre vie ? Cette expérience de pensée amène à se dire qu’il n’y aurait pas de vie possible.

 

Siou : reprend en s'adressant Angel et Félix : la liberté, ce n'est pas seulement le choix de faire ce qu'on veut. On a besoin de sécurité en soi et autour de soi.

La liberté, c’est chercher à être heureux. Si tu es heureux, tu deviens libre, sans le poids de l'existence, sans prison intérieure, tu es léger comme un oiseau, tu planes, tu vois le monde en prenant du recul. Ce qui permet de penser sur le monde.

 

François : que signifie le mot liberté ? J'ai plusieurs réponses. Par exemple, quand quelqu'un veut participer aux Jeux olympiques, il lui faut des commanditaires pour ça. Et je comprends, c'est que la personne est libre, mais à condition de réunir autour d'elle des conditions pour d'exercer cette liberté.

Quand quelqu’un participe à un tournage, c'est son choix. Mais il doit faire ce qu'on lui demande, de faire des cascades ou utiliser des armes. S'il ne le fait pas, il ne sera pas payé. La liberté, c'est de dire OK ou pas. La liberté dépend aussi de ce que les autres nous demandent.

 

François prend dans l'exemple du chauffeur d'autobus qui avait foncé dans une garderie près de Montréal. Là, c'est comme s'il avait exercé une liberté pour faire ce qu'il a fait, mais là, c'est une liberté négative.

 

Angel : est-ce que cette personne avait une liberté psychologique ? Est-ce qu’elle était libre dans sa tête ? Est-ce que c’était vraiment une décision libre ?

 

Siou : Il y a aussi donc un problème de santé mentale. La liberté, consciente ou pas, tout dépend de chacun, des croyances. Il faut se libérer pour atteindre une liberté.


 


C’est la question du « libre arbitre » : est-ce que cette personne, dans sa condition, disposait de son libre arbitre ? L'acte nous paraît être libre et en fait c'était peut-être une liberté qui était dépendante de sa maladie, de son trouble mental puissant.