En bonus une expérimentation FAMA en direct avec les étudiantes et les étudiants, par Angel et Simon: apprendre le roulage de fil en formation à la régie de scène.
Le blog de Jean Horvais (Professeur, département d'éducation et de formation spécialisées à l'Université du Québec À Montréal) parce que "... le plus beau métier du monde, après le métier de parent (et d'ailleurs c'est le métier le plus apparenté au métier de parent), c'est le métier de maître d'école..." Charles Péguy ------ Ne supra crepidam sutor iudicaret ! ------
mardi 26 mai 2026
mercredi 20 mai 2026
vendredi 15 mai 2026
ACFAS 2026 : Au-delà de la déficience intellectuelle et de l’autisme : initier au dialogue philosophique.
Colloque 539 - Enseignements et pratiques de la philosophie aux regards des injustices et inégalités politiques et épistémiques. Pirater la philosophie.
La page de notre communication sur le site du 93ème congrès de l'ACFAS: https://www.acfas.ca/evenements/congres/programme/93/500/539/c
Un organisme communautaire de Montréal accueille des personnes ayant reçu un diagnostic de déficience intellectuelle et/ou d’autisme. Cet organisme propose à ces personnes des activités et des projets artistiques (arts visuels et de la scène) et quelques autres activités. Parmi celles-ci : un atelier philo. Un groupe de personnes intéressées s’est constitué et se réunit pour des séances de 2 heures toutes les semaines. Nous avons repris, en l’adaptant à ces participants, un dispositif mis en place il y a une trentaine d’années, en France, avec des élèves du primaire en classe multiâge d’école rurale. Des enseignant.es de la région lyonnaise développaient cette pratique philosophique dans les classes et à se réunissaient régulièrement en analyse de pratique avec le professeur Jacques Lévine. Nous faisons l’hypothèse que des personnes tenues à l’écart de ce qui relève du domaine de la pensée au prétexte stigmatisant d’un diagnostic pouvaient trouver de l’intérêt à s’initier à un tel dialogue philosophique. Les personnes qui participent à cet atelier évoluent dans leur manière de le vivre. Elles coopèrent de plus en plus dans leur effort de pensée jusqu’à s’impliquer pour proposer des thèmes. La communication reviendra sur les enjeux et les effets de ces pratiques.
Notre propos en séance :
Contre l'injustice épistémique[1]( Fricker, M. 2007), qui vient se glisser insidieusement jusque dans les meilleures intentions éducatives, il convient de bâtir une proposition émancipatoire globale à plusieurs composantes fondées sur le principe de justice par les capabilités (Nussbaum, M. 2017): A la base pluri-artistique existante dans l’organisme La Gang à Rambrou pour le développement et la reconnaissance des talents, j’ai cherché au cours de 10 années d’implication en recherche et formation au sein de l’organisme à développer des actions de piraterie tous azimuts par :
- [ ] la mise en place et la participation aux institutions démocratiques
- [ ] la connaissance et la reconnaissance des droits (internes et externes)
- [ ] la valorisation de l'enseignement mutuel par la formation en assistance à la médiation artistique
- [ ] la participation directe des personnes premièrement concernées au dialogue et à la formation dans des cours et d’autres activités universitaires
- [ ] la pratique du dialogue philosophique
Il me semble nécessaire de constituer un ensemble cohérent au sein d’un organisme ou d’un établissement scolaire : les valeurs et l’éthique du dialogue philosophique doivent inspirer l’ensemble de la pédagogie et le cadre de vie de la communauté concernée. Ce n’est évidemment pas toujours facile d’en convaincre tous les collègues et la direction. Mais les bottines doivent suivre les babines.
C’est particulièrement ce que nous cherchons aussi à faire dans les ateliers musicaux de percussion initiés par Mohamed avec son dispositif APPROSH : on y pratique ce que je considère comme le dialogue et l’interaction rythmiques. Une forme de piraterie musicale.
C’est la pratique du dialogue philosophique que nous allons vous présenter. Un atelier hebdomadaire lancé en novembre dernier.
Les personnes stigmatisées par un diagnostic de déficience intellectuelle et ou d'autisme sont constamment minorisées et considérées comme incapables de développer une pensée structurée sur les questions qui habitent l'esprit des humains depuis la nuit des temps.
Or, les membres de la Gang à Rambrou expriment souvent, de façon ponctuelle et peu prévisible des réflexions à teneur philosophique. Sans en avoir vraiment conscience, sans formation académique, leurs pensées concernent des thèmes fondamentaux de la vie et de la condition humaine. Un atelier de philosophie régulier donne à celles et ceux qui le souhaitent l’occasion de développer ces expressions spontanées en les rattachant à des thèmes fondamentaux de la tradition philosophique. Cet atelier est conçu comme un espace de dialogue régulé entre les personnes participantes. Il a pour objectif que chaque personne s’enrichisse des réflexions des autres et apporte au collectif sa propre contribution.
Puis parole aux participants :
[1] Fricker, M. 2007 Epistemic Injustice, Oxford : Oxford University Press
vendredi 17 avril 2026
Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 14) : La mort
Atelier philo du 17 avril 2026
Aujourd'hui, nous avons travaillé sur un thème proposé par Simon : la mort.
Qu’est-ce que c'est la mort ?
Pourquoi on a peur de la mort ?
Pourquoi on a peur de mourir ?
Avant de commencer notre séance, nous avons vérifié que tout le monde était à l'aise pour parler de ce de ce thème-là.
Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,
Félix, François, Siou, Angel
Technicien : Paolo
Animateur : Jean
Simon : Ce thème rejoint celui de la tristesse, du deuil, mais aussi celui des souvenirs des personnes qui sont décédées.
Raphaël parle des célébrations autour des personnes décédées. Pour lui, dans la mort, on n'est plus dans son corps. Dans ces célébrations, on garde le silence, on met des fleurs. Ça nous rend triste parce que c'est quelqu'un qu'on ne verra plus, on ne verra plus la personne. Il faut considérer qu'on a une seule vie et qu'il faut donc en profiter. Mais la mort, c'est noir, c'est négatif. J'y pense, mais je cherche à me changer les idées. Il y a les accidents de la vieillesse, les personnes parties trop tôt.
Sacha : ça fait du chagrin. Mais les personnes sont dans une nouvelle vie, dans une nouvelle dimension.
Simon : Tous les êtres vivants meurent. Il y en a qui naissent. Qui vieillissent, et ensuite, qui meurent. On se relaie. Il y en a qui veulent être en cendres, en poussière.
François : C'est un sujet dont on ne parle pas beaucoup. Chacun choisit s'il veut en parler. Moi je n'en parle pas beaucoup, je garde ça pour moi. (Il est vrai qu'avant de commencer notre séance, nous avons vérifié que tout le monde était à l'aise pour parler de ce de ce thème-là). François poursuit : À travers la mort, on rend témoignage sur une personne qu'on a aimée. Après la mort, il y a la vie de ceux qui restent. Je me pose des questions. Les services funèbres autrefois avaient lieu à l'Église. Maintenant, les gens préfèrent qu'on les incinère. Mais quand je vais mourir, je ne sentirai plus rien.
Siou : La mort, c'est quelque chose de tabou. J'en ai parlé enfant avec mon frère à propos d'un livre. Pour moi, c'était intéressant, mais mon frère, lui, il était choqué. Pour moi, c'est un sujet comme un autre. Ça ne me touche pas comme tout le monde, pour moi c'est normal. Quand il s'agit de la mort de quelqu'un de la famille qui survient brutalement, alors là j'ai réagi différemment. C'était quelqu'un de mon âge, il était créatif, je l'encourageais, j'avais de l'espoir pour lui qu'il s'en sorte, alors qu'il était dans une vie difficile. Il n'était pas allé au bout de ce qu'il aurait pu faire. Sa mort, là, ça m'a dérangé.
Par ailleurs, j'ai écrit beaucoup de chansons sur la mort. Une chanson évoque la mort d'une journée. Ça fait prendre conscience que cette journée ne reviendra pas. La mort des autres nous fait prendre conscience de notre propre mort. Alors il faut vivre sans attendre. Parler de la mort, c'est réaliser : Qu'est-ce que je fais de ma vie ?
Félix : Certaines personnes sont mal à l'aise quand on parle de la mort. Je n'ai pas beaucoup de choses à dire sur le sujet. Mais je pensais à mon grand-père. On s'efforce de croire à une vie après la mort pour se consoler.
Simon propose une question pour prolonger notre réflexion. « Quand vous allez mourir, qu'est-ce que vous voulez que le monde se souvienne de vous ? »
Paolo : Ma grand-mère est morte. J'étais triste. Et j'ai une photo d'elle chez nous.
Raphaël : il y a différentes circonstances de mort plus ou moins effrayantes, ça nous crée des images mentales qui parfois nous font peur, qui nous font faire des cauchemars. On le voit aussi aux informations.
Siou : Ça, c'est la souffrance qui nous impressionne.
Angel : c'est délicat d'en parler, il y en a qui ne supportent pas d'en parler. Quand on est mort, on ne souffre plus. Il faut les laisser partir. Le corps n'est plus là. Mais l'âme est là. Ils nous voient et ils nous protègent. On ne les voit pas les personnes mortes, mais on les ressent. Il y a du paranormal dans la vie.
Siou : De toute façon, penser à quelqu'un qui est mort, on sent sa présence.
Angel : On n’en parle pas parce que on a peur de mourir. On ne devrait pas avoir peur, on ne devrait pas s'inquiéter, on ne souffrira plus et on retrouvera ceux qu'on aime. Je voudrais qu'on se souvienne de moi comme d'une personne gentille, qui aide et qui est un bon chanteur.
vendredi 10 avril 2026
Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 13) : La liberté
Atelier philo du 10 avril 2026
La liberté. Qu'est-ce que c'est la liberté ?
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Être libre à ce qu'il y a des limites à l'autre liberté ?
Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,
Félix, François, Mathieu, Siou, Angel
Technicien : Paolo
Animateur : Jean
François : il faut que le groupe soit attentif et respectueux de la personne qui prend la parole, c'est une mise en garde avant de commencer notre discussion. On est en train de faire un travail, c'est une rencontre sérieuse. Concernant la liberté, François rappelle la chanson de Georges Moustaki « ma liberté ». La liberté, c'est être maître de ma destinée, faire des choix personnels sans que personne ne m'impose quoi que ce soit. Donc, choisir d'aller au ciné ou au restaurant, personne ne me l'impose, c'est selon mon goût. Si quelqu'un nous oblige à faire quelque chose, ça fait se sentir coupable. On doit pouvoir s'habiller comme on veut, c'est un autre exemple.
Simon : il y a différentes libertés. Chaque moment peut avoir une liberté, mais il y a toujours une limite à la liberté. Par exemple, la liberté d'expression, on a le droit de s'exprimer, mais il ne faut pas que ce soit tout le temps la même personne qui parle. J'ai la liberté de me promener dans les festivals. Mais il faut aussi s'imposer une limite. Quand j'en ai assez entendu, je rentre chez nous. On peut dire, il y a comme une sorte de liberté limitée par ses propres capacités.
Paolo : Évoque sa liberté d'adresser un salut, par exemple à des filles qu’il a croisées dans la rue.
Raphaël : évoque la liberté de « chiler », mais de ne pas dire n'importe quoi, il y a des mots que je n'aime pas entendre, ça peut faire de la peine. Ça pourrait effrayer les autres. On peut dire ce qu'on veut, mais il faut respecter les autres.
Siou : D'accord avec ce qui a été dit. La liberté de l'un finit où commence celle de l'autre. Il faut des normes sociales. Mais pour moi, ce qui est important, c'est d'acquérir une liberté intérieure, savoir respirer. Mon anxiété me faisait sentir comme dans une prison intérieure.
Sacha : Je suis libre quand on me laisse écouter de la musique calme. Je fais des respirations. Les belles choses qu'on chante, ce sont des beaux moments, on se sent libre, on n'est pas menacé.
Simon : Reprend les paroles de Siou qui parle de liberté intérieure. Et il évoque le petit hamster s'il tourne de peur ça empêche d’avoir de la liberté dans sa tête.
Mathieu : la liberté, c’est qu’on peut sortir quand on veut. C'est ça la liberté. Avoir de l'argent, ça permet d'être libre, d'acheter ce qu'on veut, ce qui nous font plaisir. Ma liberté est empêchée par le manque d’argent.
Angel : ça dépend des personnes. Moi je me sens libre, mais par exemple, y a des gens qui sont pris dans des gangs de rue et ils doivent faire des choses auxquelles les autres les obligent pour être dans le groupe. Ça, c'est pas être libre ! Dans une manif aussi, si ça dégénère, on n'est pas libre à ce moment-là parce que la police intervient et tout le monde perd sa liberté.
La liberté, ça dépend aussi des endroits, parce que par exemple, au Guatemala, si on passe en voiture à la lumière rouge, on n’a pas de ticket, pas comme ici.
Félix : Il y a des règles pas pour brimer la liberté, mais pour qu'on puisse continuer à vivre en sécurité. Si on a le droit de tuer, il y a plus de liberté pour tout le monde. Il propose une expérience de pensée : s'il n'y a pas de règles, pas de sécurité, comment serait notre vie ? Cette expérience de pensée amène à se dire qu’il n’y aurait pas de vie possible.
Siou : reprend en s'adressant Angel et Félix : la liberté, ce n'est pas seulement le choix de faire ce qu'on veut. On a besoin de sécurité en soi et autour de soi.
La liberté, c’est chercher à être heureux. Si tu es heureux, tu deviens libre, sans le poids de l'existence, sans prison intérieure, tu es léger comme un oiseau, tu planes, tu vois le monde en prenant du recul. Ce qui permet de penser sur le monde.
François : que signifie le mot liberté ? J'ai plusieurs réponses. Par exemple, quand quelqu'un veut participer aux Jeux olympiques, il lui faut des commanditaires pour ça. Et je comprends, c'est que la personne est libre, mais à condition de réunir autour d'elle des conditions pour d'exercer cette liberté.
Quand quelqu’un participe à un tournage, c'est son choix. Mais il doit faire ce qu'on lui demande, de faire des cascades ou utiliser des armes. S'il ne le fait pas, il ne sera pas payé. La liberté, c'est de dire OK ou pas. La liberté dépend aussi de ce que les autres nous demandent.
François prend dans l'exemple du chauffeur d'autobus qui avait foncé dans une garderie près de Montréal. Là, c'est comme s'il avait exercé une liberté pour faire ce qu'il a fait, mais là, c'est une liberté négative.
Angel : est-ce que cette personne avait une liberté psychologique ? Est-ce qu’elle était libre dans sa tête ? Est-ce que c’était vraiment une décision libre ?
Siou : Il y a aussi donc un problème de santé mentale. La liberté, consciente ou pas, tout dépend de chacun, des croyances. Il faut se libérer pour atteindre une liberté.
C’est la question du « libre arbitre » : est-ce que cette personne, dans sa condition, disposait de son libre arbitre ? L'acte nous paraît être libre et en fait c'était peut-être une liberté qui était dépendante de sa maladie, de son trouble mental puissant.
vendredi 27 mars 2026
REPAQ-Parents : vers des écoles alternatives inclusives
J'ai passé une agréable soirée, certes, en visio, mais tout de même, bien intéressante avec le réseau des parents du REPAQ.
Voici plus loin, l'essentiel de mon propos introductif à la discussion sur la formulation de la 18 ème condition du nouveau recueil des conditions pour une école alternative.
Mais d'abord, il faut présenter la 18 ème condition que j'ai proposé à l'équipe du REPAQ et qui a été amendée pour convenir largement à tous :
Lire le brouillon de mon propos :
Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 12) : Normal - pas normal
Atelier philo du 27 mars 2026
Normal, pas normal. Qu’est-ce que ça veut dire ?
Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,
Félix, François, Mathieu, Siou, Angel
Technicien : Paolo
Animateur : Jean
Félix : peut-on être normal ? on a tous notre définition d'être normal. En neurodiversité, on peut tous se fondre dans la masse.
Raphaël : Quand ça se passe comme d'habitude ; c'est ça qui est normal, qu'il n'y a pas de problème. Si c'est bizarre, c'est une fausse pensée, en fait bah c'est normal. Une personne normale, c'est quelqu'un qui se comporte normalement, qui fait tout comme il faut, pas comme moi qui me conduis un peu bizarrement. Il faudrait que je sois normal, que je m'habille comme tout le monde. Dans le métro, on voit aussi des personnes qui ont des comportements avec des problèmes de santé. Je suis quelqu'un de pas normal, je fais tout autrement que tout le monde, je dis des exagérations.
Félix : La normalité, c'est dur à établir. Il faudrait être tous d'accord sur la normalité. Raphaël, ta mère te dit que tu t’habilles pas bien mais moi je trouve pas.
Raphaël : je me dis souvent que je suis nul. Je me dis des insultes à moi-même.
Félix : c'est une mauvaise estime de soi !
Simon : Il n’y a personne de normal ; peu importe la normalité. Si on demande à quelqu'un s'il est normal ; il répondra qu'il n’y a personne de normal. Quelqu’un qui est normal, ça veut dire qu'il est parfait et qu'il n'a pas de défaut : ça n'existe pas !
François : j'ai une déficience intellectuelle. Suis-je normal ? Ben oui, je suis normal ! Quand j'étais à l'école, à chaque fois que je donnais une mauvaise réponse, on se moquait de moi. Je me suis dit : « fais-toi-z-en pas avec ça, s'il y a des affaires que tu fais pas correctes, laisse faire les autres, ignore-les ! » ça m'a pris du temps de le comprendre. C'est l'école de la vie, c'est pas pour être parfait. C’est normal de ne pas tout comprendre. Un itinérant qui gueule, c'est pas un comportement normal, mais on ne peut pas comprendre pourquoi il fait ça.
Sacha : être normal, c'est quelqu'un qui est doux, qui est calme, qui dit des choses gentilles, qui paraît bien, qui est zen, qui n'est pas violent. Des personnes qui baissent mon bras doucement parce que ça ça m'aide à rester calme.
Mathieu : Personne n'est normal parce que personne ne fait parfaitement les choses à faire. Tout le monde a sa propre façon de marcher, son allure.
Siou : La normalité vient de la société. C'est la société qui crée des normes, des lois. Le monde se mêle de tout. C'est quelque chose de plaqué. On nous la montre et on veut qu'on la suive sans trop penser. Pour les personnes autistes comme moi, j'arrivais pas à faire les choses comme tout le monde et à un moment j'ai compris que j'avais un problème. j'étais puni à l'école parce que je poussais des petits cris à cause de mon autisme. Tout le monde se regarde et voit ce qui n'est pas normal chez l'autre. On devrait laisser chacun faire les choses comme il veut si ça dérange pas les autres. On s'impose à soi-même cette norme inconsciemment. On veut ressembler à tout le monde pour se faire des amis. La normalité ça vient de soi, de sa propre manière d'exprimer sa personnalité
Angel : Quand on était petit on nous disait de suivre les adultes pour apprendre à faire les choses normalement. Quand on veut être comme les autres, on n’y parvient pas parce qu'on est différent des autres. À l'école, on veut apprendre comme les autres, mais il faudrait nous apprendre comment grandir tout en étant différent des autres. Au secondaire, j'ai appris à ne pas être comme les autres, à cause de la différence dans la capacité d'apprentissage. En grandissant, je me suis rendu compte que j'étais normal mais pas comme les autres. Je ne pensais pas que j'avais une DI. J'ai eu du mal à l'accepter. Je voulais être comme les autres. Mais il faut accepter d'être soi-même, d'être pas comme les autres, normal ou pas normal, ça dépend comment chacun se sent.
François : Quelqu’un qui est normal, ça apporte un sens à la vie. Quand je vois une personne handicapée, c'est pas parce qu'elle est en chaise roulante, moi, je la trouve normale dans sa condition.
Simon : (reprenant des propos de Siou) On est souvent pris dans des engrenages moi je me trouve normal - pas normal, entre les 2.
Siou : Normal, pas normal, c'est des mots qu'on n'aime pas tellement. Quand on nous impose une norme ça provoque de l'anxiété à cause du jugement qui va avec ça. Il ne faut pas faire de « masking ». (= faire des efforts pour cacher sa singularité)
Écouter les résumés :
vendredi 20 mars 2026
Atelier philo : focus groupe d'artistes à l'écomusée du fier monde
Dans le cadre de la programmation de l'exposition-événement D'un oeil différent,
Focus-groupe d’artistes dont l’objectif est de permettre aux artistes de s’exprimer sur leur activité artistique, en particulier à propos de leur inspiration, de leurs apprentissages, de leurs choix esthétiques et techniques ainsi que de leurs attentes et désirs.
Les artistes participant au focus groupe doivent avoir soit une œuvre exposée à DOD 2026, soit venir avec une autre œuvre, soit en avoir une photo de bonne qualité sur clé USB.
La séance a été filmée afin de pouvoir être intégrée comme données primaires dans une recherche comportant un volet sur les activités artistiques des personnes DI/TSA.
Une séance passionnante, évidemment !
jeudi 19 mars 2026
Conférence à l'ITA (Institut des troubles d'apprentissage
Commentaires des participant.e.s
85 personnes étaient en direct
Wow! Bravo pour ce que vous faites pour ces gens. Vous m'avez ouvert encore plus les yeux sur le fait qu'il n'y a pas de limite dans l'inclusion.Même dans un cours à l'université. En espérant que la société continuera dans ce sens avec des gens comme vous pour leur faire réaliser le bénéfice pour tous
Ce fut super, d'un point de vue humain. La philosophie est un ancrage formidable pour tous les élèves, quels qu'ils soient. Merci pour les citations d'Alain, je vais le lire.
Une bonne réflexion sur le concept de capabilités. très intéressant. Merci.
Merci beaucoup. J'ai bien apprécié votre approche, et en tant qu'orthopédagogue au SAI nouvellement arrivée en poste, il se pourrait fort bien que je m'inscrive au DESS en Intervention éducative auprès des élèves avec un trouble du développement. Au plaisir de vous revoir.
Belle sensibilisation Excellent
Intéressant quoique un peu loin de ma pratique.
Merci de nous donner des moyens de penser autrement notre approche! J'enseigne auprès d'adultes ayant des besoins particuliers et je compte bien réinvestir vos idées. Merci!
C’est beau de voir la passion et l’implication de quelqu’un pour l’inclusion de tous. Nos préjugés sont tellement vicieux qu’en effet de voir une œuvre et l’apprécier sans le jugement de l’identité de l’artiste est un travail à faire.
Merci!
Super intéressant à écouter, Bien que je viens d'une grande ville, je n'ai pas l'impression qu'il y a autant de place dans la communauté immédiate
Sujet intéressant, mais rien de concret pour ma pratique. Très intéressant, merci!
Tellement intéressant. Autant théorique que pratique. Le cours à l'UQAM en partenariat avec les experts me fascine!
Très intéressant
Belles perspectives d'ouverture pour les DI-TSA! Vraiment rafraichissant! Belle initiative
vendredi 6 mars 2026
Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 11) : L'autonomie
Atelier philo du 6 mars 2026
L’autonomie : être autonome
Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,
Félix
Technicien : Paolo
Animateur : Jean
On a parlé autonomie. Qu'est-ce que c'est une personne autonome ? A quoi on voit que quelqu'un est autonome ?
Paolo : prendre les transports en commun quand il y a du monde. C’est sûr qu'il y a des gens qui poussent et que ça bouge mais être capable de se déplacer dans les transports en commun, c'est une façon d'être autonome.
Simon : se débrouiller soi-même pour aller vivre en appartement. Il faut que tu saches te débrouiller pour magasiner tout seul, pour faire ton budget. Si t'es capable de faire ton épicerie, ton linge, ton ménage, tu peux vivre en appartement tout seul ou avec ta copine. ça c'est être autonome !
Un moyen de devenir autonome c'est d'apprendre. Pour me rendre chez nous en métro quelqu'un m'a montré ; maintenant je peux aller partout, je peux aller dans des festivals, dans des spectacles, je peux me déplacer de façon autonome. Je l'ai appris à l'école, par étapes. Quand je ne connais pas le chemin que je dois prendre, je demande à quelqu'un. On peut pas tout savoir mais pourtant on peut quand même être autonome.
Être autonome, c'est un espoir de fierté pour moi ; de faire mes affaires tout seul.
Raphaël. : être autonome, c'est faire les choses par nous-mêmes. Je sais me déplacer tout seul dans Montréal ; mon père me l'a appris. C’est aussi faire la vaisselle, être capable de mettre des assiettes dans le lave-vaisselle, faire notre lit, le ménage, sans qu'on nous le demande et facilement, sans aide. On devient des adultes quand on fait des déplacements seuls pour aller à son travail. Je travaille tout seul, par exemple, pour nettoyer les jouets des petits dans la clinique de Géraldine.
Félix : Être autonome c'est avoir des objectifs comme artiste. Aller de l'avant. Tu t'arranges pour te trouver de la job sans attendre qu'on l'appelle ; que ce soit ton agent qui s'occupe de ça. C’est prendre des décisions sur ce qu'on doit faire sans que quelqu'un nous le dise. Un esclave, par exemple, n'a pas d'autonomie, ni de liberté. Ça prend de la détermination, de la patience, de la ténacité pour être autonome.
Sacha : Être autonome c’est prendre l’autobus, le métro, tout seul. Moi, je prends le transport adapté mais une personne autonome c'est aussi une personne qui dit ce qu'elle aimerait faire, comme moi !
Simon : Gabriel qui ne voit pas, lui, il prend les transports tout seul ; il y a des personnes qui sont autonomes mais elles ont besoin d'être guidées. Gabriel il est vraiment bon et il arrive à vivre tout seul. Quoi qu'il en soit, le handicap n'empêche pas d'être autonome.
Paolo : Il guide les visiteurs dans l’exposition D’un œil différent avec Simon, Sylvie et Marianne. Ils font cela chaque année, les visites commentées à D'un œil différent. Ils sont autonomes pour faire ça tout seul. C’est toute une équipe qui est autonome là.
Simon : on peut être autonome en équipe parce que c'est aussi être capable de s'entraider d'être autonome. Comme par exemple, quand on discute, là, pour interpréter ce que veut nous dire Paolo. C'est comme si j'étais sa parole !
Ensuite on en vient à parler de nos objectifs d'autonomie, sur lesquels on aimerait progresser.
Raphaël : Un jour, je n'aurais plus besoin de Géraldine pour laver les jouets dans sa dans sa clinique. J’aimerais aussi m'occuper de la bibliothèque sans l'aide de Nelson. Et puis un autre objectif, peut-être plus difficile encore, ce serait d'avoir mon permis de conduire, comme mon frère.
Simon : dans mes objectifs d'autonomie, ce serait être capable de lire mes textes au lieu de que quelqu'un me les souffle, les textes de théâtre bien sûr. Il me faudrait de l'aide, comme par exemple, les enregistrements, alors que Félix, lui, va apprendre ses textes en lisant, Simon, lui, les apprend en les écoutant. (bien sûr on va faire des enregistrements des textes du théâtre comme l'année dernière)
Sacha : Quand je j'accompagne ma mère à l'hôpital, on se paye la traite, et ça lui fait du bien.
Ça nous permet de comprendre aussi que Sacha attache de l'importance au fait de pouvoir choisir les activités dans lesquelles il accompagne sa mère ou pas ; mais en tout cas, d'avoir du plaisir à le faire avec elle.
Simon : Mon frère est une personne autonome ; il est plus jeune que moi mais il vit en appartement, il a un travail, il fait ses affaires tout seul.
Une fois, pour aller à un festival avec ma mère, elle avait pas pris le
métro depuis longtemps, et c'est moi qui lui ai montré. Être autonome, c'est capable d'apprendre
quelque chose aux autres aussi. C'est
une notion très intéressante et très importante.
Ecouter la synthèse :














