Le blog de Jean Horvais (Professeur, département d'éducation et de formation spécialisées à l'Université du Québec À Montréal) parce que "... le plus beau métier du monde, après le métier de parent (et d'ailleurs c'est le métier le plus apparenté au métier de parent), c'est le métier de maître d'école..." Charles Péguy ------ Ne supra crepidam sutor iudicaret ! ------
jeudi 27 août 2026
vendredi 19 juin 2026
Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 17) : la solitude
Atelier philo du 19 juin 2026
La solitude
Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,
Félix, François, Mathieu, Siou, Angel
Technicien : Paolo
Prise de notes : Jean
Animatrice : Marie
La séance d'aujourd'hui est animée par Marie. Une orthophoniste-philosophe rencontrée lors du colloque à Trois-Rivières. Marie propose 5 thèmes au choix : La confiance. La pensée. La solitude. La communication. La société. On vote et c'est la solitude qui est choisie par la majorité.
Marie nous rappelle les outils dont on dispose chacun pour un dialogue philosophique. Donner des raisons. Donner des exemples. Faire des distinctions entre termes proches. Définir. Catégoriser. Trouver des causes, des conséquences.
Raphaël fait la distinction entre 2 types de solitude, une solitude claire où on trouve du plaisir. Et une solitude sombre. C'est noir.
Siou : Il y a des solitudes mal vécues. Et d'autres qui sont bien vécues, qui sont épanouissantes.
Simon : Parfois, on a besoin d'être seul, d'être à l'écart des autres pour réfléchir. Pour se poser des questions à soi-même.
Mathieu : À la fin d'une journée à Rambrou où il y a beaucoup de monde, souvent, ça me fait mal à la tête et puis aussi après, il y a l'autobus. Alors j'aime bien retrouver ensuite un peu de solitude.
Siou : les TSA ont un seuil de tolérance plus bas que les autres à la fatigue due au contexte social. La solitude sert à éviter l'effondrement autistique, à recharger les batteries.
François : Si je me sens isolé, enfermé entre 4 murs, les rencontres, c'est une bonne chose. Mais c'est bon aussi d'avoir de la solitude. Pour me retrouver avec moi-même, me demander ce que j'ai le goût de faire, de manger où j'ai envie d'aller. La solitude parfois me fait du bien.
Marie : En vieillissant, j'aime plus être seule. Je choisis les moments pour être avec les autres.
Simon : Est-ce qu'on a envie d'être seul ou non ? Être seul ou avoir une copine ?
Sacha : J'aimerais ça avoir une amoureuse, avoir une belle relation d'amour. Dans une relation amoureuse, on se sent moins seul, moins abandonné. J'aime socialiser, être avec le monde.
Siou : La solitude, c'est pas un besoin, c'est malgré moi. Maintenant, je me connais et je sais quand il faut que je me repose, que je m'isole. J'aime communiquer, j'aimerais pouvoir être plus avec les autres. Mais avec ma condition, je ne peux pas. De la solitude, c'est nécessaire, mais c'est pas un choix, c'est malgré moi.
Simon : Les personnes âgées ont plus besoin d'être seules, d'être centrées sur elles-mêmes.
Angel : J'ai travaillé avec des personnes âgées, elles avaient besoin de compagnie. Il faut être solide (solidaire ?) avec ces personnes. Moi, je vais voir les personnes qui se sentent seules. Et qui ne savent pas ce que c'est que de vivre avec les autres. Ça m'intéresse de savoir comment les gens seuls font pour trouver des amis.
Siou : Il y a peut-être des gens seuls qui ne souffrent pas de la solitude. Leur personnalité, c'est peut-être d'aimer cela, c'est en eux. La solitude, ça anime un monde intérieur très fort. Ils doivent voir le monde autrement, d'une manière profonde. Quand j'étais étudiant, j'avais décidé et pris l'habitude de rester seul dès que je sortais de l'université et au bout d'un moment, je me suis aperçu que c'était trop de m'isoler ainsi.
Paolo aime rencontrer les gens, aime être ensemble, avoir des amis.
Sacha : J'aime aller aux « Jumeler » pour les brunchs ensemble.
Siou : La solitude, c'est un outil pour se comprendre soi-même.
Marie : Parfois, la solitude, ça fait se sentir rejeté. Je me sens seule quand je suis avec des personnes avec qui je n'arrive pas à communiquer. Par exemple, quand je suis à l'étranger et qu'on parle une autre langue.
Raphaël : Moi, je peux parler dans plusieurs langues.
Angel : Pour moi, c'est difficile le français. Au début, je me sentais seul et je me renfermais sur moi-même. Quand je me suis ouvert, ça s'est mis à aller mieux.
Pour écouter nos résumés >>>>
mardi 16 juin 2026
Publication : Horvais, Jean. (2026). Développement de la collaboration en médiation musicale dans un service hospitalier psychiatrique. Travail et Apprentissages, 30(1), 169‑180.
Numéro coordonné par Trébert, D., Vinatier, I. et Merri, M. L’activité collective relève-t-elle de modalités spécifiques d’interactions ? (2026). Travail et Apprentissages, (30),
https://shs-cairn-info.proxy.bibliotheques.uqam.ca/revue-travail-et-apprentissages-2026-1?lang=fr.
Mon article :
vendredi 12 juin 2026
Message à mes collègues lors de ma dernière réunion d'assemblée départementale
Chères et chers collègues,
J'ai demandé à prendre très brièvement la parole au début de cette dernière AD de ma carrière à l'UQAM. Après ce petit propos, je m'éclipserai pour aller participer à une générale du dernier spectacle réunissant un organisme communautaire en DI/TSA et l'opéra de Montréal.
47 ans de travail. Je ne pensais pas que la retraite venait aussi vite. Mais dans un domaine de travail passionnant, le temps file !
Je voudrais toutes et tous vous remercier du fond du cœur pour les 14 années passées parmi vous, à l'UQAM, dans notre sympathique Département Education et Formation Spécialisées. Je n'ai avec vous que de bons souvenirs de personnes cordiales, souriantes, attentionnées. Un milieu de travail bienveillant où j'estime avoir eu la chance de rencontrer de brillantes personnes en enseignement et en recherche. Mon seul petit regret, c'est que nous n'ayons pas assez de temps pour nous parler de nos projets de recherche, et même de nos projets tout court : projets de lecture, de voyages, de création ; de nos réflexions et de notre vision de l'éducation, de la pédagogie, de la formation.
Je sais néanmoins que les valeurs qui nous unissent sont des valeurs humanistes pour une éducation qui favorise l'émancipation et qui offre avec équité et magnanimité une place à toute la diversité des allures et des parcours de vie humaine. Une éducation qui donne les moyens à chaque personne de s'accomplir à la hauteur de ses désirs. Je crois que c'est actuellement ce que l'on appelle une éducation inclusive.
Pour ma modeste part, j'ai inlassablement cherché à promouvoir ce projet en faveur des personnes de la diversité capacitaire. J'admire celles et ceux qui parmi nous font de même au profit d'autres publics défavorisés, marginalisés, vulnérables pour quelque cause que ce soit.
L'université est un bien commun auquel tout le monde contribue par l'impôt et doit pouvoir aussi y être reconnu pour sa contribution à la connaissance. Et de ce bien commun, tout le monde doit pouvoir tirer satisfaction et bénéfice dans son désir d'apprendre. Là encore, quelle que soit son allure de vie.
Il n'est pas temps d'énumérer immodestement mes quelques réalisations en ce domaine, mais simplement de vous partager combien j'ai été touché que le comité social ait pensé à inviter pour une magnifique fête de retraite le 28 mai dernier, les nombreux amis au milieu desquels j'ai travaillé dans le communautaire : les participants avec qui j'ai fait de la recherche, de la formation, qui m'ont accompagné pour enrichir des cours et conférences, mais aussi de la musique, du théâtre, et même cette année du dialogue philosophique, etc.
Le statut de professeur associé qui me sera accordé me permettra de garder un lien fonctionnel avec l'UQAM, mais de toute façon, de ma région beaujolaise, je continuerai à penser à vous et à chantonner "je reviendrai à Montréal" et tant d'autres tounes québécoises que je fais connaitre à mes petites filles.
Présentement, il n'est pas temps de chanter, mais simplement de vous dire au revoir. On se croisera sûrement encore dans les couloirs ces prochaines semaines.
Merci infiniment à toutes et tous.
vendredi 5 juin 2026
Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 16) : la philosophie
Atelier philo du 5 juin 2026
Aujourd'hui, nous avons travaillé sur le thème :
Qu’est-ce que c’est la philosophie ?
Qu’est-ce qu’on fait quand on philosophe ?
Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,
Félix, François, Siou, Angel,
Technicien : Paolo
Animateur : Jean
Simon : c'est de parler de plein de sujets, le mot important, c'est philosophe, c'est ceux qui étudient les constellations. On parle de sujets dont on n'a pas l'habitude de parler avec d'autres personnes.
Angel : Je n'ai pas eu l'occasion d'en parler avec mes parents parce que eux, ils parlent espagnol. Mais pour moi, la philosophie, c'est des chercheurs qui ont l'expérience bien avant nous. La philosophie a évolué à travers les différents philosophes. En allant au colloque, j'ai découvert qu'il y avait d'autres personnes qui pratiquaient la philosophie et en s’aidant d'outils de communication adaptés. La Philo. Moi j'entends le mot fil, c'est un fil sur lequel on peut tirer et s'attacher pour être tous sur la même longueur d'onde.
Raphaël : La philosophie ? Ben moi, je pense à mon personnage de philosophe au théâtre. Jean avait présenté en début d'année des pensées de philosophes. Je suis un bon philosophe. On s'exprime personnellement sur nos idées, surtout quand avec on parle avec la vidéo, on redit les bonnes phrases, les bonnes idées qu'on a eues.
François : Ce n'est pas de raconter des histoires, c’est penser sur des faits. C'est une façon d'exprimer comment sont les choses, des formes, donc des sujets, la façon de voir les choses. Regarder la réalité en face. Être philosophe, c'est avoir de la curiosité. Il se produit des images dans ma tête quand on donne le thème, des images positives ou négatives. On parle de choses inexplicables, on cherche le pourquoi, le comment, comment les choses sont telles qu'elles sont ? Quand il y a une tempête, des dégâts. Pourquoi ? Pourquoi ici ? pourquoi avec ces personnes-là qui en sont victimes ? Je regarde souvent la chaîne Historia et à travers les événements de l'histoire, je me pose ces questions.
Simon : La chute de l'arbre dans la tempête, pourquoi ça nous arrive pas à nous, mais à d'autres ? Et inversement.
Angel : La météo nous prévient qu'une tornade arrive, ça nous protège. À force de penser en philosophe, j’en perds mes cheveux.
Mathieu : ça m'aide à parler plus avec l'aide de Jean. J'en parle aussi souvent avec ma mère.
Sacha : philosopher, c'est parler de ce que j'aime, de ce que j'ai vécu, dire comment je me sens.
Félix : Philosopher, ça ouvre l'esprit. Ça nous amène à dire des choses qu'on ne dirait pas ailleurs. Des choses auxquelles on a habituellement pas l'occasion de penser. C'est tout un processus. Il faut un sujet ou un thème. Prendre le temps de la réflexion. Et ensuite, dire des paroles qui expliquent ce que l'on pense.
Simon : C'est plus facile de penser en philosophie dans l'atelier qu'en dehors, parce que nous, ici, on se connaît. On n'a pas de gêne et on se respecte.
Siou : J'aime venir à l'atelier de philosophie, mais faut que je me lève de bonne heure. On philosophe souvent sans dire qu'on philosophe, c'est naturel pour l'être humain. Je philosophe dans les moments où je ne comprends rien. Je réfléchis, je compare. Quand il y a de la fatigue, du trop-plein, tu peux revenir à toi, à ton intériorité. Tu passes de la survie à la vie à ton être profond. L’essentiel de l'être humain, c'est sa pensée. Il fait des belles choses, mais aussi le pire. On peut avoir confiance en nous. Il y a de l'incompréhension. Il faut trier. Et essayer de comprendre même les méchants, les pauvres, essayer de comprendre le mal. Ça oblige à réfléchir, réfléchir à ce qui nous confronte. Prendre conscience de la lourdeur de la vie jusque dans son corps, mais sans en être paralysé. Il faut refaire la même réflexion souvent, la réactiver. Les sujets qu'on a traités se croisent, on pourrait reprendre les mêmes sujets de l'année et il y aurait certainement des pensées nouvelles.
Écouter nos résumés >>>>>>>>
vendredi 29 mai 2026
Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 15) : Le rêve, les rêves
Atelier philo du 30 mai 2026
Aujourd'hui, nous avons travaillé sur le thème :
Le rêve, les rêves. Qu’est-ce que c’est un rêve ?
Pourquoi on rêve ? De quoi on rêve ?
Qu’est-ce qui se passe quand on rêve ?
Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,
Félix, François, Siou, Angel,
Technicien : Paolo
Invités : Nathanaël, Maude, Daléane, Alexandre
Animateur : Jean
Raphaël : Quand on s'endort, on se met à rêver, on pense à plusieurs affaires, à des personnes, à des voyages dans des lieux imaginaires, on rêve à ce qu'on aime. Je n'ai pas souvent fait de cauchemar. J'ai la mémoire de mes rêves de jeunesse. Quand on rêve, on a les yeux dans le cerveau. C’est la télé du sommeil. Dans mes rêves, il y a la mémoire de notre ancienne maison, des personnes dont je m'ennuie. Ça me fait voyager. On peut écrire ses rêves et en parler pour s’en rappeler. Parfois, c'est triste.
Félix : C'est comme un scénario de film mais qui ne marche pas. Je trouve que dans le cinéma, quand on construit un scénario avec un personnage qui rêve, auquel il arrive des choses, des aventures, et puis qui se réveille et tout est résolu, ça fait un scénario paresseux. Le rêve peut renforcer le désir, la volonté, la résilience. C'est plus fort que pour le fun. Si tu rêves des choses, c'est plus fort que de directement le vouloir. Rêver, ça nous reste dans la tête. J'ai rêvé de choses qui se sont réalisées. Par exemple, en ce moment, je rêve de faire L'étrange Noël de Mister Jack à la Gang à Rambrou.
Sacha : Je rêve d'avoir de belles choses. Certaines se réalisent. Avoir une nouvelle blonde, j'aimerais ça.
Simon : On rêve par la pensée, les pensées se transforment en rêve. Comme une pensée folle. Je me suis endormie. Et c'est devenu un rêve qui s'est réalisé.
Alexandre : Le rêve dans les séries de hockey, c'est comme une espérance, un désir, un espoir, un souhait. On dit : « j'aimerais que le Canadien gagne la partie ! »
Siou : Il y a plusieurs facettes. Les rêves éveillés, les rêves endormis, plusieurs formes de rêves endormies. On s'en souvient ou pas, ou juste on se souvient de petits morceaux, de flash. Moi, j'essayais de rester dans mon lit pour retrouver les souvenirs de mon rêve. Endormi, mais conscient que je rêvais, conscient que j'étais endormi, mais avec un rêve très clair, très compréhensible, avec un contrôle sur le rêve à ce moment-là. C'est relié à ce que tu vis dans le jour, mais en symbolique. Les rêves qui se répètent : par exemple, moi, je parlais avec des gens et je m'envolais toujours plus haut. Et parfois ça tournait même au cauchemar, je me retrouvais pris dans les filets électriques. Mais jamais plus haut que la maison. Quand j'ai quitté la maison, je rêvais que je montrais à mon frère comment voler. Et puis après cette période, j'ai arrêté de faire ce rêve-là, comme si j'étais allé plus haut que la maison. Quand je ne savais pas que j'avais un trouble du spectre de l'autisme, je voulais aller voir un psychologue. Il m'a demandé quels étaient mes rêves. Moi, j'avais jamais pensé à ça. Tout ce qui venait, c'était un écran noir. Je n’étais pas capable de me projeter, j'ai eu un moment de panique. C'est plein de messages dans les rêves pour comprendre ta vie ou évacuer des choses. Le rêve remplit le temps de la nuit.
François : Le rêve, ce sont des images qui se produisent dans notre cerveau. Quand je dors, il se produit des images. J'ai déjà fait des rêves érotiques. Il n'y a rien pour arrêter ça. C'est comme au cinéma. Je peux rêver que je joue du piano avec des musiciens. Ces images se transforment dans notre tête. Les images de la pensée. Il y a des éléments de réalité et puis ça part ailleurs.
Siou : C'est du symbolique par rapport à notre vécu.
Nathanaël : Je me rappelle pas bien mes rêves endormis. Je rêvasse éveillé, j'imagine, je me projette. Je mets en image des situations hypothétiques. Rêvasser, c'est-à-dire être ailleurs alors que je suis ici, je ne sais pas si c'est volontaire. C'est une forme d'anticipation.
Maude : J'aime l'expression « les yeux dans le cerveau ». Le rêvassage : les gens trouvent qu'il faudrait être productif. Les rêves éveillés, d'inspiration comme être dans la lune.
Mathieu : Mes rêves : Avoir une blonde, un chien et mon budget.
Daléane : Je me souviens plus des rêves dans les périodes intenses de la vie, quand il y a du stress, des émotions.
Angel : Quand on rêve, c'est parce que pendant la journée, on a fait plein d'affaires. Mon rêve à moi, c'est d'avoir un chien dalmatien.
Paolo : Rêve de filles qu'il connaît. Être avec elles dans d'autres réalités.
Écouter nos résumés :
jeudi 28 mai 2026
Vers la retraite... enfin presque !
Merci à toutes celles et tous ceux qui ont pu venir. Merci aussi à celles et ceux qui y ont pensé mais étaient empêchés.
Le comité social du département éducation et formation spécialisées avait mis les petits plats dans les grands pour mon plus grand plaisir ! Merci Vitor, Isabelle, Emilie et Barbara
Et merci à toutes et tous les collègues du département et aux autres collègues universitaires qui ont apporté leur chaleureuse amitié à cette rencontre.
Car pour une rencontre, c'en fut toute une !
Avec la complicité essentielle de Nathanaël, de Mohamed, et de bien d'autres sans doute qui par pudeur ne m'en ont pas fait la confidence, le comité social a réalisé mon vœu le plus cher : réunir dans une belle fête de l'amitié l'université et les personnes avec lesquelles je suis si heureux depuis 14 ans de partager des aventures artistiques les plus joyeuses et inclusives qui soient pour un partage des savoirs et des expériences dont personne ne soit exclu. Merci aux équipes des organismes qui m'ont accueilli si généreusement : D'un oeil différent, Les Muses, APPROSH et la Gang à Rambrou, Sans Oublier le Sourire.
Merci aux artistes qui ont animé avec une énergie débordante la soirée : Alexandre, Sylvie, Simon, Angel, Nicolas, Camille, Laura, Paolo, Gabriel, Mohamed, Nathanaël, Kati.
ainsi qu'à Emmanuel Prud’Homme (Edouardo Hypnotico), Louis “Lyrique” Legault (Jean Neymar) et à Lilia Korso-Feciane (Sarah Jones) ainsi qu'à leur prof Marie-Anik Deschamps pour le sketch hilarant de l'Hypnotiseur.
Merci aux artistes professionnel·les (Valérie, Hélène Élise, François, Jasmine, Romain, Sylvie, Marie-Pierre, Mohamed, Nathanaël, Menka, Marie-Anik) vous qui offrez à chacune et chacun l'occasion d'exprimer et d'améliorer son talent artistique par un accompagnement vers le meilleur accomplissement possible.
mardi 26 mai 2026
Ecole d'été, Cours FCM8000 "Droits, citoyenneté et handicap" : une présentation 2 temps, 3 mouvements !
En bonus une expérimentation FAMA en direct avec les étudiantes et les étudiants, par Angel et Simon: apprendre le roulage de fil en formation à la régie de scène.
mercredi 20 mai 2026
vendredi 15 mai 2026
ACFAS 2026 : Au-delà de la déficience intellectuelle et de l’autisme : initier au dialogue philosophique.
Colloque 539 - Enseignements et pratiques de la philosophie aux regards des injustices et inégalités politiques et épistémiques. Pirater la philosophie.
La page de notre communication sur le site du 93ème congrès de l'ACFAS: https://www.acfas.ca/evenements/congres/programme/93/500/539/c
Un organisme communautaire de Montréal accueille des personnes ayant reçu un diagnostic de déficience intellectuelle et/ou d’autisme. Cet organisme propose à ces personnes des activités et des projets artistiques (arts visuels et de la scène) et quelques autres activités. Parmi celles-ci : un atelier philo. Un groupe de personnes intéressées s’est constitué et se réunit pour des séances de 2 heures toutes les semaines. Nous avons repris, en l’adaptant à ces participants, un dispositif mis en place il y a une trentaine d’années, en France, avec des élèves du primaire en classe multiâge d’école rurale. Des enseignant.es de la région lyonnaise développaient cette pratique philosophique dans les classes et à se réunissaient régulièrement en analyse de pratique avec le professeur Jacques Lévine. Nous faisons l’hypothèse que des personnes tenues à l’écart de ce qui relève du domaine de la pensée au prétexte stigmatisant d’un diagnostic pouvaient trouver de l’intérêt à s’initier à un tel dialogue philosophique. Les personnes qui participent à cet atelier évoluent dans leur manière de le vivre. Elles coopèrent de plus en plus dans leur effort de pensée jusqu’à s’impliquer pour proposer des thèmes. La communication reviendra sur les enjeux et les effets de ces pratiques.
Notre propos en séance :
Contre l'injustice épistémique[1]( Fricker, M. 2007), qui vient se glisser insidieusement jusque dans les meilleures intentions éducatives, il convient de bâtir une proposition émancipatoire globale à plusieurs composantes fondées sur le principe de justice par les capabilités (Nussbaum, M. 2017): A la base pluri-artistique existante dans l’organisme La Gang à Rambrou pour le développement et la reconnaissance des talents, j’ai cherché au cours de 10 années d’implication en recherche et formation au sein de l’organisme à développer des actions de piraterie tous azimuts par :
- [ ] la mise en place et la participation aux institutions démocratiques
- [ ] la connaissance et la reconnaissance des droits (internes et externes)
- [ ] la valorisation de l'enseignement mutuel par la formation en assistance à la médiation artistique
- [ ] la participation directe des personnes premièrement concernées au dialogue et à la formation dans des cours et d’autres activités universitaires
- [ ] la pratique du dialogue philosophique
Il me semble nécessaire de constituer un ensemble cohérent au sein d’un organisme ou d’un établissement scolaire : les valeurs et l’éthique du dialogue philosophique doivent inspirer l’ensemble de la pédagogie et le cadre de vie de la communauté concernée. Ce n’est évidemment pas toujours facile d’en convaincre tous les collègues et la direction. Mais les bottines doivent suivre les babines.
C’est particulièrement ce que nous cherchons aussi à faire dans les ateliers musicaux de percussion initiés par Mohamed avec son dispositif APPROSH : on y pratique ce que je considère comme le dialogue et l’interaction rythmiques. Une forme de piraterie musicale.
C’est la pratique du dialogue philosophique que nous allons vous présenter. Un atelier hebdomadaire lancé en novembre dernier.
Les personnes stigmatisées par un diagnostic de déficience intellectuelle et ou d'autisme sont constamment minorisées et considérées comme incapables de développer une pensée structurée sur les questions qui habitent l'esprit des humains depuis la nuit des temps.
Or, les membres de la Gang à Rambrou expriment souvent, de façon ponctuelle et peu prévisible des réflexions à teneur philosophique. Sans en avoir vraiment conscience, sans formation académique, leurs pensées concernent des thèmes fondamentaux de la vie et de la condition humaine. Un atelier de philosophie régulier donne à celles et ceux qui le souhaitent l’occasion de développer ces expressions spontanées en les rattachant à des thèmes fondamentaux de la tradition philosophique. Cet atelier est conçu comme un espace de dialogue régulé entre les personnes participantes. Il a pour objectif que chaque personne s’enrichisse des réflexions des autres et apporte au collectif sa propre contribution.
Puis parole aux participants :
[1] Fricker, M. 2007 Epistemic Injustice, Oxford : Oxford University Press

















