vendredi 27 février 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 10) : Les souvenirs, la mémoire

  


Atelier philo du 27 février 2026

Les souvenirs, la mémoire

 

Ont participé : Simon, François, Raphaël, Angel, Sacha,

Mathieu, Félix

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

Aujourd'hui, on a abordé le thème des souvenirs, de la mémoire. C'était une proposition d’Angel.  On s'est demandé qu'est-ce que c'est les souvenirs ? à quoi ça sert ? comment ça se forme ? etc.

 

Simon : Si on avait pas de souvenirs, on oublierait tout : le nom des personnes,  comment manger, comment dormir… on serait même pas là. C'est le cerveau qui transmet tout très vite. C'est pour nous rappeler ce qu'on a fait dans notre jeunesse. La mémoire, c'est plein de petits dossiers, de petits tiroirs, et ils ont chacun un truc précis à faire, par exemple : les voyages, ou comment c'était quand j'avais 3 ans, ou quand j'avais un an où je marchais à 4 pattes.

 

Paolo rappelle un souvenir un de ses souvenirs d'enfance :quelqu’un avait frappé son père qui est tombé à terre en Haïti.

 

Simon interroge : C'est quoi votre souvenir le plus précieux ? Paulo répond tout de suite : « c'est quand j'ai écrit avec un ordinateur ! »

 

Mathieu se rappelle quand il a appris à parler avec l'aide des chevaux. Il rappelle qu'il avait un trouble du langage et qu’il lui a fallu faire l'effort de parler pour indiquer au cheval quand il faut avancer, s'arrêter, tourner etc. Et c'est ça qui l'a amené à prendre la parole.

 

Raphaël : Les souvenirs, c'est pas juste dans la mémoire parce qu’on peut aussi écrire et prendre des photos et ça, ça nous aide à nous souvenir. Et puis, les souvenirs ça aide aussi à la motivation. Le souvenir des bons moments ça nous aide à passer d'autres moments où par exemple on s'ennuie ou qui sont moins agréables.

 

François : Je me souviens des souvenirs de ma jeunesse, de l'expo 67 avec mes parents.  Un pavillon dont j'ai oublié le nom où on pouvait sentir des odeurs de fromage fort qui sentait très mauvais.

J'ai aussi vu un film là-bas un film de Walt Disney hein dans un carrousel à 360° sur le Canada. Je me souviens aussi d'être allé à La Ronde avec mes parents : les autos tamponneuses, la belle vue qu'on avait de Montréal à partir de la grande roue.

 

Et c'est là qu'on on se dit : pourquoi on se souvient pas de tous les détails ? Tout le monde ne se souvient pas de la même chose quand on est au même endroit dans le même événement

 

Et Félix répond : c'est comme si la mémoire pouvait être cassée comme un petit peu un casse-tête incomplet ou un film qui aurait été un peu rayé, abîmé. Félix se rappelle par exemple comment il aimait une série télé en 2004-2006 dont le créateur avait dit malencontreusement dans un entretien que l'autisme est une maladie qu'il faut guérir. C'est une phrase qui avait blessé Félix mais il ajoute : Si j'avais pas eu des bons souvenirs de l'œuvre de cet artiste-là,… ça m'a fait de la peine mais je dissocie quand même l'œuvre de l'artiste et je garde un bon souvenir de l'œuvre.

 

Sacha nous parle de son souvenir de la COVID en 2020 mais il nous parle aussi en 2026 des belles choses qui s'en viennent comme par exemple, très bientôt, l'exposition D'un œil différent. Ça nous amène à remarquer que les souvenirs ça nous aide aussi à avoir envie de nous projeter dans la suite. On a un bon souvenir de D'un œil différent les années précédentes, on attend avec impatience la prochaine édition qui va être au mois de mars. Et c'est un bon souvenir pour Sacha parce que c'est une occasion où il a eu des belles félicitations sur son art, sur son chant etc.

 

Angel : « Les souvenirs, c'est un peu comme sur un ordinateur. Mais les mauvais souvenirs, moi je les efface, je les mets à la poubelle.  Si tu veux pas les effacer, il faut avancer quand même ».  Son bon souvenir, c'est d'être allé voir sa famille au Guatemala parce qu'une famille tu ne peux pas la rejeter.  Et là, Angel ouvre sur une autre perspective : « ma grand-mère avait perdu la mémoire mais nous, sa famille, on se souvient des choses qu'on a faites avec elle. Donc, on conserve, nous sa famille, la mémoire de cette grand-mère, les souvenirs de cette grand-mère.  Et cette grand-mère disait : « Efface les mauvaises choses, pense aux bonnes ! »

 

Félix : Je donnais un surnom à mon grand-père quand j'étais petit. J'étais le seul qu’il autorisait à faire cela, comme une sorte de privilège. Avec ce souvenir, je repense à mon grand-père parce que c'était lié à une chanson dans une série et à chaque fois que j'entends quelque chose qui a évoque cette série, cette chanson, ça me fait penser à mon grand-père.  Ça veut dire qu'il y a des éléments qui viennent réactiver nos souvenirs, le souvenir d'une chanson par exemple, d'une odeur…  ça nous renvoie à un événement d'autrefois.

 

Simon : j'ai un souvenir très précis et qui m'a rendu le plus heureux : c'est quand j'ai marché sur le Pont d'Avignon et qu'on a chanté la chanson ensemble quand on était en voyage en France.

 

On s'aperçoit avec ce que raconte Simon que finalement, on a tous des souvenirs différents d’un même évènement, parce qu'on était plusieurs là de notre groupe à être allé à ce voyage, à avoir participé, à avoir dansé sur le Pont d'Avignon, et certains ne s’en souvenait pas et quand Simon le raconte maintenant, qu'il l'a raconté à nouveau, on s’en ressouvient

 

Angel : La première fois qu’il a pris l'avion, c'était extraordinaire comme impression.  L'avion qu'on voit du dehors quand on les voit passer, il nous paraît aller très très vite mais quand on est dedans, le voyage nous paraît lent. C'est un petit peu comme si finalement les souvenirs aussi duraient d'une façon un peu différente dans le temps. Il y a parfois des choses très courtes dont on se rappelle toute sa vie et qui sont très importantes mais parfois des choses qui ont duré très longtemps et on s'en souvient pas ou mal. et Angel ajoute : Il y a une question que je me pose c'est comment les chiens savent où retrouver leurs affaires ?

Les animaux aussi ont des souvenirs : c'est à ça qu'on est arrivé comme conclusion.

 

Mathieu : Je me rappelle quand en Abitibi, lors d’un séjour, Jean m'a payé une bière après qu'on a fait du vélo. Et je me rappelle aussi quand Paolo dans le voyage en France a vomi dans l'avion.  

Alors c'est ça : c'est des choses sont très marquantes pour l'une ou l'autre personne mais pas forcément pour tout le monde.  Angel, lui se souvient du cours à l’UQAM avec les étudiantes l’année dernière.




Ecouter le résumé :

vendredi 13 février 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 9) : L'amour

  


Atelier philo du 13 février 2026

L’amour

 

Ont participé : Simon, François, Raphaël, Angel, Sacha,

Mathieu, Félix

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

L’amour : qu'est-ce que ça veut dire le mot « amour » ?

 

Sacha : on donne de la douceur on ne fait pas de la peine

 

François : être près d'une personne du sexe opposé. C'est de la tendresse, des caresses, être bien avec cette personne qui peut nous donner du réconfort, de l'aide. Il n’y a pas de préjugés entre nous.

 

Raphaël : ça relaxe quand les personnes sont amoureuses. Comme dans un film, il y a de la poésie, de la tendresse on dit à l'autre qu'il est charmant, qu'il est fin. Il se sent bien quand il la voit, ça lui fait de la joie. Il faut penser à demander le consentement sinon, c’est criminel. On peut dire par exemple à une prof qu'on l'aime mais on l'aime comme une prof pas comme une princesse. Il faut donc respecter les statuts de chacun

 

Simon : On peut aimer quelqu'un du sexe opposé mais aussi on peut aimer ses amis, sa famille. Aimer c'est une chose mais être aimé c'est autre chose. Comme ça il y a beaucoup de choses qui peuvent se passer. L'origine de aimer ça vient de très loin. Il y a des gestes pour dire « je t'aime ».

 

Paolo : Paolo nous parle d'une fille qui l'a regardé de proche dans le bus.

 

Mathieu : On peut aussi aimer les animaux. Les animaux nous aiment à leur façon. Les animaux ne se chicanent pas entre eux. Eux aussi, ils vivent l'amour en couple.

 

Félix : L'amour ça peut être d'être complices comme des collègues mais là ce n'est pas l'amour amoureux. Simplement je considère quelqu'un comme une personne importante.

 

Raphaël :  Aimer ça peut être parce qu'on trouve beau quelqu'un mais ça peut être aussi parce que c'est quelqu'un qui nous rend service. Quelqu'un qui est attentionné, quelqu'un pour qui on a du respect. S'il y a de l'égoïsme ou du racisme il n'y a pas d'amour. On aime une personne qui nous motive, qui nous fait des belles surprises.

 

Angel : Ça fait ressentir des papillons dans le ventre. J'aime la façon dont tu me parles, la façon dont tu agis avec moi. La personne qu'on aime c'est une personne qui se distingue des autres. Mais il y a aussi par exemple le poisson qu'on m'a offert quand j'avais 9 ans, lorsqu'il est mort j'ai pleuré, alors j'ai compris que je l'aimais. C'est aussi comme ça quand une personne meurt et qu'on ressent comme un vide, On est déprimé parce qu'on l'aimait.

 

François : François parle de ses déboires à cause d'un malentendu. Il a vécu une expérience avec une personne à qui il avait remis une enveloppe avec une carte et lorsqu'elle l'a ouverte, elle a répondu à cette carte en disant que c'était une déclaration d'amour et qu'elle ne partageait pas cet amour. Alors, d'un côté l'amour ça fait du bien mais aussi parfois ça peut faire très mal. En fait j'ai compris que j'avais de l'admiration et j'ai décidé de tourner la page. «  Pense à rencontrer non pas l'amour mais une bonne personne », je me suis dit.

 

Angel : Depuis l'âge de 6 ans je suis tombé amoureux et c'est la même personne depuis ce temps-là. Parfois, on s'est éloigné à cause de déménagements, De changements, mais on s’est aussi beaucoup aidés, on est aussi des amis pas forcément amoureux. Il faut se connaitre aussi, Avant d'être amoureux il faut faire des activités ensemble. Comprendre comment aborder l'autre.

 

Félix à François : C'était peut-être seulement l'envie de partager une activité artistique, un travail avec elle, pas forcément de l'amour.

 

François : L'amour c'est comme un feu de joie où on se brûle les doigts, comme dit la chanson. Je m'attache à des personnes mais ça ne marche pas toujours comme je veux. L'amitié c'est plus fort que l'amour.

 

Simon : L'amitié ça rassemble le plus de monde. L'amour, c'est pour une seule personne.

 

Angel : Oui, mais tu peux aimer plusieurs personnes !

 

Félix : Mais là tu parles de l'amour amoureux…

 

Angel : Oui, mais il y a aussi l'amour pour sa famille, pour ses parents. Ce n'est pas la même chose que l'amour pour ta copine. Mais elle, elle va entrer dans ta famille.

 

Mathieu : L'amour avec les animaux ou l'amour pour les animaux, c'est international il n'y a pas de problème de langue. On peut se comprendre avec tous les animaux.

 

Simon (à François) : Avec ta sœur, est ce que c'est de l'amour ou de l'amitié ?

 

François : L'amour, dans la famille, c'est ce qu'il y a de plus fort.


 

Ecouter le résumé :

vendredi 6 février 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou séance 8 : Juste / injuste

   

Atelier philo du 6 février 2026 


Juste ? Injuste ?

 

Ont participé : Simon, François, Raphaël, Angel, Sacha

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

Aujourd'hui nous avons travaillé sur de la question « pourquoi on a parfois envie de dire c'est pas juste, c'est injuste ? qu'est-ce que c'est l'injustice ? »

 

Angel :  ça dépend du partage. C'est le partage qui peut être injuste. Si on ne donne pas la même chose à 2 personnes, si ce n'est pas équitable, c'est injuste.  Dans les procès aussi on voit que ce n'est pas toujours juste. On le voit quand c'est mis en scène dans les séries télévisées. En fait ce qui est injuste, c'est quand on préfère une personne à une autre et puis l'injustice se produit aussi quand quelqu'un ne dit pas la vérité.

 

Raphaël : C'est injuste de ne pas vouloir que le monde change. Ce n'est pas juste de ne pas garder quelqu'un qui est très bon à un poste, par exemple, de responsable politique.

 

Simon se souvient d'un test qu'il avait vu avec des gens dans un local et à qui on présentait une situation. Il y avait 10 personnes qui jugeaient la situation injuste tandis que pour les autres la situation paraissait juste. Et ça l'amène à penser que c'est souvent injuste le jugement que les uns portent sur les autres.

 

Angel : Il y a de l'égoïsme là-dedans parce que ne penser qu'à soi c'est injuste.

 

Raphaël renchérit : Oui c'est injuste d'être égoïste ; occupe-toi de toi mais ne sois pas égoïste !

 

Sacha : Quand on insulte ; c'est injuste. Quand on fait des choses pour énerver les autres, qu'on diffuse des fausses nouvelles. La violence aussi c'est une injustice.

 

Raphaël : Quand il y a une situation d'injustice, on peut lutter contre. On peut par exemple faire la grève.

 

Paolo : Ce qui est injuste, c'est par exemple récemment, d'enlever de l'argent aux personnes qui sont en situation de handicap ; le gouvernement s'est montré injuste.

 

François a entendu dans les nouvelles qu’on parle de personnes qui se font tuer à Minneapolis, aux États-Unis. Pourquoi est-ce qu'il y a des victimes ? Peu importe la raison, les gens quand ils se font tuer, c'est injuste. Les gens ne sont pas défendus dans cette situation, ils n'ont pas eu de protection. Qui prend la parole pour défendre ces personnes-là qui sont victimes d'une injustice ? Pourtant le public a crié haut et fort qu'il y avait une injustice.

 

Simon ajoute qu'il a compris qu'il y avait des policiers racistes dans l'histoire. C'est injuste. En 2026, il y a encore du monde raciste ; c'est vraiment une injustice.

 

Angel : Parfois on dit qu’une personne a fait un crime alors qu'on n'a pas de preuves, on ne sait pas ; et si on n'a pas de preuve et qu’on condamne c'est une injustice.  Et quand on voit une injustice et qu'on ne fait rien alors qu'on pourrait faire quelque chose, c'est aussi participer à une injustice. Parfois, ce sont des policiers qui sont victimes aussi. Ont-ils commis une injustice auparavant ? Il y a des situations sur lesquelles on ne peut pas porter de jugement. On ne sait pas.

 

Raphaël : c'est injuste qu'on ne puisse pas entrer à la Gang à Rambrou avant 08h30 quand il fait froid. Si une règle est trop stricte, elle peut devenir une règle injuste.

 

Simon rebondit sur ce que vient de dire Raphaël : Si tu vas à l'hôtel de ville, il y a des lois, des règlements, il y a une raison pour cela s'il n’y avait pas de loi, le monde se mettrait à faire n'importe quoi.  

 

Raphaël : c'est la police qui applique les lois. Il faudrait supprimer certaines lois. Mais la loi du couvre-feu pendant la COVID était stricte mais juste, c'était pour nous protéger.

 

François ajoute que s'il n'y avait pas de loi tout le monde ferait ce qu'il veut et quand il veut. Est-ce que la loi est là pour protéger les citoyens ? Dans les manifs, ceux qui cassent les vitrines c'est injuste.

 


Alors voilà l'essentiel de ce que nous avons échangé autour de ce thème et on sent que la conversation ne demande qu'à se poursuivre. On n’a pas eu le temps d’enregistrer un résumé par chaque participant mais voici la synthèse ci-dessus dite par Jean : https://photos.app.goo.gl/1xz99d1rfUbXf3Nm9


 

 

mercredi 4 février 2026

D'un oeil différent : présentation dans un cours à l'UQAM


Cécile, Héloïse, Sylvie, Jonathan et moi, sommes allés présenter DOD dans un cours du bac en enseignement des arts donné par la professeure Anne Deslauriers. 

Sylvie et Jonathan ont parlé de leur travail d'artistes dans différentes pratiques dont les arts plastiques. 

 

Voici une œuvre de Sylvie :  


 Et une œuvre de Jonathan : 

Retrouvez toutes les œuvres de tous les artistes de DOD dans notre galerie en ligne : CLIC !

lundi 2 février 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 7) : savoir et croire, quelle(s) différence(s) ?

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Atelier philo du 30 janvier 2026
Savoir et croire 

Ont participé : Simon, François, Félix, Mathieu, Mathilde
Technicien : Paolo
Animateur : Jean

A la suite de notre discussion de la semaine derrière sur le fait religieux, on se pose la question :   Quelle différence y a-t-il entre savoir et croire ? On sait des choses, on croit à des choses ou en des choses, mais quelles différencia entre ces 2 verbes ? Pourquoi on dit tantôt croire et d’autres fois savoir ?

C'est difficile de faire une synthèse parce que la discussion est partie dans beaucoup de directions avec des choses très riches, très intéressantes qu'il faudra sans doute reprendre.  Donc, considérons qu'on est là dans une étape.

Simon a commencé en parlant du prof qui enseigne des savoirs. Ce qu'il enseigne comme savoir, il faut qu'il sache ce qu'il enseigne, qu'il en ait la pleine maîtrise.  Et croire, c'est quand qu'on te raconte une histoire, un conte et puis là l'adhésion à l'histoire racontée dépend par exemple de l'âge de celui qui l'entend.

Félix a pris un exemple très concret en disant : « Je croyais que Suzanne avait perdu mon costume pour le spectacle de demain. Je n’en avais pas de preuve. C'était juste une hypothèse, une possibilité. C’était ce que je croyais. Mais une fois qu’on a retrouvé le costume, j’ai su qu’il n’était donc pas perdu. Tout le monde connaît les contes mais on n'y croit pas. Pour croire il faut de la confiance. Pour croire en quelqu’un, en quelque chose, si je n’ai pas confiance, je ne te crois pas.

François raconte que sa mère lui demandait s'il croyait au Père Noël lorsqu'il était enfant.  Il faut tenter de croire ce qui est vrai mais ne pas croire ce qui n'est pas vrai. Et pour François, croire c’est différent d'une personne à l'autre. Avant de dire « je sais », il faut d'abord connaître et parfois on parle de choses qu'on ne connaît pas. 

Et ça nous a amené à une discussion pour se rendre à l'évidence que la connaissance est parfois partielle. On parle avec les autres de choses que l'on connaît mais on ne les connaît qu'en partie, ou bien on les connaît parce que tous ensemble, on réunit des connaissances partielles. Finalement, c'est le rôle de la recherche, des chercheurs, que d'aller se poser les questions et d'essayer de savoir des choses pour les faire connaitre à tous.

Simon a parlé de ce qu'il reçoit comme enseignement, comme apprentissage, dans les cours de la FAMA, ici à la Gang à Rambrou. « J’ai le cours mais il m'en reste beaucoup à apprendre. On apprend tous les jours ! »

Mathieu a enchaîné : « Je ne crois pas en Dieu. On le sait, il est mort. » Il amenait dans la même phrase les 2 mots sur lesquels on travaille aujourd'hui :  je crois / je ne crois pas et mais je sais que … et considérant que les personnes qui sont croyantes c'est aussi parce qu'elles veulent croire les choses.

Mathilde poursuivait en disant : « On peut croire à tout mais on ne peut pas tout savoir. Et le savoir, ça peut nous empêcher de croire ».  C'est-à-dire que d'une certaine manière le savoir viendrait « grignoter » le croire. Le savoir peut nous montrer que certaines choses auxquelles on croit, finalement ne sont pas vraies. De plus, pour elle, une religion c'est une croyance qu'on choisit et il s'avère souvent difficile d'en changer.  En revanche, reprenant le thème du début, il y a des croyances qui disparaissent avec le temps, avec l'avancée en âge. Quand on est adulte, c'est quand même rare qu'on croie au Père Noël !

Ça amène aussi sur ce qui est de l'ordre de l'indécidable, ce qu'on ne peut pas savoir, en tout cas par avec les connaissances dont on dispose aujourd’hui. Et alors on a réfléchi sur la thématique des extraterrestres. Existe-t-il une vie ou des formes de vie ailleurs que sur la terre ? Pour l'instant c'est une chose qui n'est pas décidable ni dans un sens ni dans l'autre. Ça nous a amené aussi à considérer que la croyance n'a pas vraiment de sens si ce n'est peut-être que y croire ça inciterait à essayer de chercher une réponse sûre, une réponse objective, pour s'assurer qu'il y a bien des extraterrestres, pour assurer sa propre croyance. 

François parle d'une émission sur les extraterrestres où des gens disent en avoir vu.  « Mais moi non, dit-il. Donc, y a-t-il une autre vie sur une autre planète ? François considère que voir c’est croire aussi c'est-à-dire avoir été témoin de quelque chose qui nous assure de la réalité, de la vérité de cette chose. Ce qui resterait peut-être une affaire à discuter mais ce sera pour une prochaine fois… !



Pour écouter nos résumés  CLIC

samedi 31 janvier 2026

La Gang à Rambrou a 30 ans, ça se fête !

 

A l'occasion de cette soirée festive et commémorative, on m'a demandé un témoignage. Voici ce que j'ai dit : 

"J’ai frappé à la porte de la Gang à Rambrou en 2015.

Je venais de prendre mon poste de professeur au département éducation et formation spécialisées de l’UQAM.

J’avais besoin d’explorer le milieu communautaire accueillant des personnes qui ont reçu un diagnostic de déficience intellectuelle ou d’autisme afin d’avoir un ancrage sur le terrain, de m’y impliquer dans des projets, et pourquoi pas, d’y développer des projets de recherche et de formation.

Comme chercheur et formateur en pédagogie, je cherchais à connaitre les organismes qui ont pour mission de proposer des activités comportant des apprentissages dans le domaine artistique. 

Suzanne Beaulieu m’a ouvert généreusement la porte du 5615 rue Pierre de Coubertin où vrombissait alors la ruche artistique de la Gang à Rambrou.

En participant aux projets de théâtre aux côtés de Suzanne et à l’atelier alphabétisation conduit par François Matte, j’ai fait mes premiers pas et pris quelques premières initiatives.

Les étapes essentielles de mon implication progressive sont évoquées dans mon blog dont vous avez à l’écran la référence par le code Qr.

Il serait trop long de les raconter maintenant. Mais je vous invite à parcourir le site pour découvrir tout ce qui m’a été offert durant ces 10 années.

J’en retiens des observations, des idées et des convictions que je m’efforce de faire connaitre et de diffuser en toutes occasions dans les cours, les colloques, les articles de ma vie universitaire.

Le plus important pour moi, c’est d’avoir ouvert l’université à mes amis de la Gang à Rambrou. Vous y avez gagné la reconnaissance de votre talent, de votre savoir d’expérience. Vous l’avez généreusement partagé avec de nombreux étudiants et étudiantes dans des cours, des conférences, des colloques. Et ce n’est qu’un début, j’espère. Vous avez tant à apporter à la société et à tout ce qui concerne l’éducation pour les rendre inclusives et reconnaissantes que vous êtes précieux et irremplaçables, capables de progresser, d’apprendre sans cesse par votre créativité et votre imaginaire artistiques.

Aujourd’hui, on parle beaucoup d’inclusion dans la société. Mais les bottines ont bien du mal à suivre les babines. Or, vous, vous savez de quoi il s’agit, vous ouvrez la porte à qui vient pour partager des pratiques artistiques, du bon temps et de l’amitié avec vous. Vous êtes vraiment inclusifs au bout’. Je vous dois un immense merci pour cela, gang d’artistes !"


 

 

vendredi 30 janvier 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séances 6)

 Religion

Ont participé : Simon, Angel, François, Raphaël, Félix

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

Aujourd'hui, nous avons parlé « religion » Un thème proposé par Simon pour l'atelier philo. Il faut d'abord transformer ce thème en questions à caractère philosophique.  On a travaillé sur les questions suivantes :

·      qu'est-ce que c'est une religion ? comment ça se définit ? qu'est-ce qu'on sait à propos de ce que c'est ?

·   pourquoi existe-t-il plusieurs religions puisque finalement plusieurs sont cités ? quels sont leurs points communs ?

·      pourquoi y a-t-il des personnes qui ont une religion et d'autres non ?

Qu'est-ce que c'est une religion ?

Félix

C'est rattaché à la mythologie, à une mythologie. On croit mais on ne sait pas si ça existe. Tout ce à quoi on peut croire, mais sans preuve, c'est le caractère d'une religion.

Angel

Il prend l'exemple de la religion catholique en disant : « Une religion c'est transmis par les parents ou quand on confie un enfant à une institution religieuse. Ça pose beaucoup de questions le fait religieux et ça provoque des discussions y compris entre les personnes qui sont dans la même religion ». Angel se demande pourquoi les croyants n'approfondissent pas leurs croyances pour mieux connaître leur religion. Parmi les catholiques, par exemple, tout le monde ne croit pas à la même chose exactement.

Félix

Il rebondit sur ce que vient de dire Angel : « C'est peut-être la crainte de s'apercevoir que ce à quoi l'on croit n'est pas vrai ! »

Simon

La religion, c'est quelque chose qu'on pratique depuis longtemps, peu importe la religion. C'est tellement important pour certains.  Il cite l'exemple que pour certains musulmans, le mariage doit se faire par le choix des parents. Dans d'autres religions c'est aussi comme ça. Autrefois, la religion était quasiment obligatoire. Elle s'imposait à tous comme une évidence.

Paolo

Paolo nous fait comprendre qu'il va à l'église et que dans sa communauté il fait des vidéos.

François

Pour François, il y a plusieurs définitions. Il dit : « J'ai été baptisé catholique et c'est marqué dans mon baptistère. Les autres religions, les musulmans, les protestants, etc., la pratique tout ça, c'est personnel.  Il y en a qui aiment aller à la messe à Noël ou à Pâques, chacun décide pour lui-même. Et François se pose beaucoup de questions : « est-ce que Dieu, le seigneur Jésus, est-ce qu'ils ont vraiment existé ? Personne ne peut répondre à la question, mais il y a des choses qui sont écrites dans des livres comme la Bible. Pour sa part il sait que Dieu a créé le ciel et la terre et nous a créés et la nature ainsi que les animaux et les végétaux.  

C'est bon de connaître l'histoire des religions comme par exemple la religion du temps des romains.

Raphaël

Une religion c'est quelque chose qu'on trouve dans différents endroits sous différentes formes mais au fond la religion, c'est croire en Dieu. On peut aussi ne pas croire. Les personnes qui croient en Dieu répondent à Dieu.  « Moi je crois un petit peu à Dieu parce que la vie est très complexe et c'est pour ça que je crois en lui. Il a fait des choses qui sont très complexes ».

Simon

Simon nous demande : « Comment vous vous définissez par rapport à la religion catholique ? moi, personnellement, je me définis comme non pratiquant. Mais je prie tous les soirs. Ça, je le fais tout le temps ! »

Paolo

Paolo acquiesce en disant : « moi aussi je suis catholique ».

Angel

Angel : « Moi, je vais à l'église de temps en temps avec ma mère. Je me demande comment les gens font pour croire surtout quand ce sont des religions sévères. »

Quels sont les points communs, qu’est-ce qui est pareil dans toutes les religions ?

Félix

Ce qui fait une religion c'est un ensemble de mythes.

Raphaël précise qu'il y a des églises où les croyants se réunissent.

Simon énumère aussi la synagogue pour les juifs et puis nous trouvons aussi le nombre de mosquées ou de temples.  Ce qui est commun entre les religions, c'est d'avoir des endroits où les croyants se réunissent pour prier.

Félix précise que c’est pour entendre aussi leurs textes sacrés. Il ajoute que dans les religions, il y a des règles, des interdits. Par exemple, des interdits alimentaires ou d'autres.

Paolo nous dit qu’il y a aussi dans toutes les religions des vêtements spéciaux en particulier pour les liturgies.

Angel : C'est parce qu'il y a des rites.

Alors on les énumère les rites de début de vie – on pourrait dire baptême ou quelque chose du même ordre – mariage, le plus souvent et évidemment funérailles, enterrement.

Raphaël ajoute que les religions ont toutes des fêtes religieuses. Elles ont des temps forts.

François rappelle que dans les années 1950-1960 la religion catholique qui prévalait quand même assez largement au Québec interdisait pas mal de choses. En particulier le blasphème, (de dire des sacres) parce que c'est considéré comme une offense à Dieu, et ça nous introduit dans la notion de péché.

Raphaël : Dans les religions la violence est interdite.

François ajoute qu’il y avait quand même de la violence. Il y a eu des évolutions par rapport à la sexualité par exemple.

Pourquoi y a-t-il des personnes qui ont une religion et d'autres non ?

Angel : c'est parce que leurs parents ne leur ont pas transmis une religion ou parce que c'était interdit.

François : C'est difficile pour lui de répondre à cette question mais il suppose que ce sont des personnes qui n’ont pas été baptisées ou qui sont peut-être des personnes orphelines ou qui n'ont pas de famille.

Félix : Il y a des gens qui ne croient pas tout simplement parce qu'ils ne croient pas aux textes sacrés de telle ou telle religion.

François ajoute que Félix a raison et introduit un autre mot : pour appartenir à une religion il faut avoir la foi. La foi, c'est un événement personnel. Il partage son expérience : « Dans les années 90, mon papa était très malade et j'étais très triste. J'étais en larmes.  Et je suis allé dans une église, j'ai fermé les yeux et j'ai dit à Jésus « J'ai un papa qui est très malade, tends-lui la main ! » et le lendemain, ma mère m'a annoncé que mon père était décédé donc il est allé retrouver Jésus selon la foi catholique. Jésus avait compris mon message. »  

Alors voilà l'essentiel de ce qu'on a dit sur ce thème proposé par Simon.  Ça a soulevé d'autres questions qui pourraient prolonger par d’autres questions telles que :

·      qu'est-ce qui fait que quelqu'un peut affirmer avoir ou ne pas avoir la foi ?

·      Une question sur les lois actuellement discutées dans bien des pays, au Québec en particulier, sur la laïcité. Peut-être que nous reviendrons sur ce sur ce grand thème.

Pour écouter le résumé : https://photos.app.goo.gl/4tHhHiP7Qr4apXm28


mercredi 21 janvier 2026

La désinstitutionnalisation : Retour d’un séjour exploratoire au Québec

Mon excellent collègue François Bouharmont a produit ce rapport fort intéressant sous le titre : "La désinstitutionnalisation : Retour d’un séjour exploratoire au Québec". Nos rencontres, nos discussions dans le cadre du Programme international d'éducation à la citoyenneté démocratique (PIECD) m'incitent à en partager la substantifique moelle avec son autorisation. 

Lire le rapport : https://www.handicap-et-sante.be/nos-publications/desinstitutionnalisation/ 

En voici un résumé audio produit par NotebookLM :  

 

Récolte les données : François Bouharmont
Retranscription des entretiens François Bouharmont, via le service Turboscribe
Analyse et rédaction François Bouharmont, Justine Dehon
Relectures Emmy Wereau, Kévin Caudron, Corentin Leroy, Elise Milot
Mise en page François Bouharmont, Justine Dehon
Illustrations générées par notre service via intelligence artificielle, inspirées du travail
libre de droit de ©Elf-Moondance, Pixabay licence
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Éditeur responsable
ARAPH (Association de Recherche et d'Action en faveur des Personnes Handicapées),
Vincent Collin
Rue du Lombard, 8 5000 Namur
Avec le soutien de la Wallonie 

Et un résumé produit par Gemini :  

Ce document, intitulé « La désinstitutionnalisation par ceux qui l'ont vécue », présente les résultats d'un séjour exploratoire mené au Québec en 2024 par l'association belge Handicap & Santé (ARAPH). L'objectif était de comprendre les réalités de terrain après 60 ans de politiques de désinstitutionnalisation pour en tirer des enseignements pour la Belgique.

 Voici les informations les plus importantes contenues dans le rapport :

1. Contexte et Méthodologie

  • Étude de terrain : Entre mai et septembre 2024, l'équipe a réalisé 108 entretiens et rencontré 31 organismes à travers le Québec, incluant des personnes en situation de handicap, des professionnels et des chercheurs.

  • Objectif : Analyser comment s'organisent l'hébergement et l'accompagnement des personnes en situation de handicap intellectuel ou autistes suite à la fermeture des grandes institutions.

2. Principaux Constats et Enjeux

Le document met en évidence un décalage entre l'image théorique ("paradis social") et la réalité vécue :

  • Crise du logement : Le manque de logements adaptés est un obstacle majeur, limitant le véritable choix du lieu de vie des personnes.

  • Risque de "mini-institutions" : Certaines alternatives (comme les ressources intermédiaires) risquent de reproduire des fonctionnements rigides et isolants, s'apparentant à de petites institutions.

  • Désengagement de l'État : Le rapport pointe une tendance à la réduction de la responsabilité publique au profit du secteur communautaire et des familles, ce qui crée des inégalités.

  • Perte d'expertise : Les réformes administratives (comme la "Loi 10") ont parfois entraîné une rupture dans la continuité des soins et une perte de savoir-faire spécialisé chez les travailleurs.

3. Conditions pour une désinstitutionnalisation « réussie »

Pour éviter la précarisation et l'isolement, le document identifie plusieurs nécessités :

  • Responsabilité publique forte : L'État doit garantir un soutien financier et public stable.

  • Autodétermination : Les personnes doivent disposer de ressources pour faire de véritables choix et être reconnues comme des acteurs politiques.

  • Accompagnement humain : Il est crucial de maintenir un réseau d'accompagnement stable et cohérent, centré sur les besoins spécifiques de la personne.

4. Perspectives pour la Belgique

Le rapport invite la Belgique à ne pas idéaliser le modèle québécois mais à s'en inspirer pour anticiper les risques (isolement, manque de moyens, déresponsabilisation de l'État) lors de sa propre transition vers l'inclusion.

En résumé, si la désinstitutionnalisation est jugée nécessaire pour garantir la liberté, elle ne peut être efficace que si elle est accompagnée d'un investissement public massif dans le logement et l'accompagnement social personnalisé.