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samedi 14 janvier 2023

Le professeur Charles Gardou à Montréal

 

La plaisir d'entendre la belle éloquence avec laquelle le professeur Charles Gardou , mon directeur de thèse, déploie la profondeur de sa réflexion !

Sa conférence à l'UQAM.

La même semaine,  j'ai le plaisir de lui faire rencontrer les fines équipes avec lesquelles je suis engagé dans de nombreux et beaux projets : La Gang à Rambrou, APPROSH, Les Muses, D'un Oeil Différent, Sans Oublier le Sourire, et d'autres ami·e·s. 

 

 

 

 

 

 Quelques photos de cette belle rencontre :  

mardi 3 mars 2020

La différenciation pédagogique avec les enseignants des Muses


Les Muses, centre des arts de la scène, "est une école unique en son genre qui offre une formation professionnelle en théâtre, danse et chant à des artistes vivant une situation de handicap (déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme, limitations physiques ou sensorielles). Son programme de formation propose un encadrement favorisant l’intégration des élèves avancés et des finissants dans le milieu artistique professionnel."
Son équipe pédagogique forme des élèves aux allures d'apprentissage très diverses et s'interroge sur les apports d'une réflexion sur la différenciation pédagogique. Nous convenons que je propose un après-midi de formation sur ce thème.
Avec les six profs participants, nous commençons par l'écriture par interview croisée de la description d'un de leurs cours (ou séquence de cours). A cette occasion, lors de la mise en commun, ils nomment quelques-unes des difficultés rencontrées eu égard à la diversité des élèves.
Ensuite, je leur présente ce que le milieu scolaire et les milieux de la recherche nomment différenciation pédagogique. (voir le diaporama ci-dessous)
La discussion fait apparaitre les particularités de la pédagogie appropriée aux arts et à la créativité. Elle diffère nettement de la pédagogie scolaire usuelle car elle ne repose pas sur une liste fixée à l'avance d'objectifs très ciblés d'apprentissages circonscrits à chaque séance. C'est d'abord une mise en situation, une mise en action sur la base de consignes ou d'indications minimales, où on se confie à l'idée que les élèves vont faire par eux-mêmes des découvertes et des apprentissages par essais-erreurs, tentatives et répétitions. Cela procède plus de l'exploration d'un territoire que du parcours d'un chemin balisé. En ce sens, nous avons pu constater que cette démarche est spontanément différenciatrice. Ainsi les profs des Muses font-ils de la différenciation comme M. Jourdain faisait de la prose. Cependant, cette séance a permis de prendre conscience un peu plus précisément de ce qui se jouait en se demandant ce qui dans la diversité des propositions faites aux élèves comme situation d'apprentissage pouvait relever d'une variation soit sur les contenus, soit sur les processus, soit sur les structures, soit sur les productions.
Nous avons évoqué le fait que les apprentissages - leurs étapes - sont souvent nommés à travers les rétroactions données aux élèves. C'est dans ce moment qui suit l'action que l'enseignant·e dialogue avec l'élève pour l'aider à identifier ce qui constitue pour lui ou elle un progrès dans l'apprentissage de son art. Je pense qu'il serait intéressant à cet égard d'observer ces rétroactions pour identifier à travers leurs formulations différentes catégories de préoccupations qui reflètent autant d'objectifs d'apprentissage poursuivis. Par exemple, ce qui relève de l'émotion, de la maitrise du geste, de la parole, de la voix, de l'initiative, de l'interaction avec autrui ou avec du matériel, du placement etc.
Ainsi, on pourrait constituer une grille d'observation de chaque élève qui serait un outil utile pour l'évaluation. La réflexion va donc pouvoir se poursuivre...




lundi 30 septembre 2019

Cocktail de rentrée des Muses

Merci à toutes et à tous d'avoir participé à la seconde édition de notre Cocktail de la rentrée, le jeudi 27 septembre...
Publiée par Les Muses - Centre des arts de la scène sur Lundi 30 septembre 2019

lundi 4 mars 2019

Des professionnels ayant travaillé avec les élèves des Muses s’expriment : bilan de leur expérience et préconisations pour l’amélioration de la formation

Une nouvelle étape vient d'être franchie dans le processus de révision du programme de formation offert par les Muses. Avec la coordonnatrice du volet pédagogique des Muses, nous avons présenté au corps professoral et au CA un rapport intitulé : "Des professionnels ayant travaillé avec les élèves des Muses s’expriment : bilan de leur expérience et préconisations pour l’amélioration de la formation". 

Nous l'avons conçu pour la raison suivante : "De même que les élèves ont été interviewés, il a semblé important à l’équipe pédagogique et de coordination engagée dans la révision de programme des Muses de connaître l’avis de différents professionnels qui ont travaillé avec un ou plusieurs élèves des Muses afin de recueillir leur réflexion sur cette expérience. Cette réflexion doit pouvoir alimenter la réflexion des Muses pour améliorer la formation donnée aux élèves et favoriser leur intégration dans le milieu artistique professionnel" 

Nous l'avons organisé ainsi : "Chaque entretien co-animé par l’enquêtrice et l’enquêteur comportait 3 parties :


1.     le récit et l’appréciation sur l’expérience
2.     l’appréciation sur la qualité de la prestation des élèves
3.     des pistes pour améliorer la formation et la rendre plus adéquate du milieu professionnel

Huit entretiens ont été organisés, d’une durée variant entre 45 et 75 minutes avec 9 professionnels issus de différentes disciplines ayant eu l’occasion de travailler avec un ou plusieurs des élèves avancés des Muses dans le cadre d’une ou de plusieurs productions de théâtre, de  danse, de cinéma ou de  télé.

  
Puis nous avons procédé à l'analyse de contenu : 
"Ces entretiens enregistrés ont fait l’objet de deux écoutes indépendantes par l’enquêtrice et l’enquêteur. Les informations retenues ont été colligées dans un tableur en conservant en colonne l’identification du professionnel rencontré, en ligne les items suivants : description de la situation ; impressions du professionnel (ce qu’il·elle a appris, découvert, ce qui l’a surpris·e, ses regrets, les précautions prises, les problèmes rencontrés, les solutions trouvées, les atouts) ; l’appréciation sur l’élève ou les élèves (qualités, à travailler, limites, avenir envisageable) ; la formation aux Muses telle que saisie à travers l’expérience  (critiques, propositions, autres remarques).


Un regroupement pour chacun des thèmes a ensuite été réalisé pour offrir dans le présent document une synthèse utilisable pour alimenter la suite de la démarche de révision du programme".

Le rapport est en téléchargement ici : CLIC !
 
L'aventure de sa réalisation a été passionnante et instructive pour qui, comme moi, s'intéresse aux représentations sociales sur le handicap et à leur évolution dans les situations sociales de rencontres, ainsi que cela apparait dans les extraits suivants de notre conclusion, très nettement encourageants : 
"Comme le lecteur a pu le constater, les neuf participants à ces entretiens ont été d’une très grande générosité de leur temps et de la qualité de leurs réflexions. Les Muses leur adresse à chacune et chacun ses plus vifs remerciements. (...)
Il semble clair que les élèves des Muses ont été grandement appréciés en chaque occasion tant pour leur personnalité que pour leur attitude professionnelle et leur engagement entier. Les difficultés et limites identifiées ont donné le plus souvent lieu à un surcroit de créativité et à une inventivité adaptative prometteuses pour tous. Ces expériences dessinent le profil de l’artiste formé aux Muses : il est reconnu avant tout comme “personne-artiste” et secondairement comme “personne-ayant des limitations et incapacités”. Ces limitations et incapacités sont des obstacles que l’inventivité adaptative et compensatoire qui prévaut dans les professions artistiques parvient le plus souvent à franchir avec succès mais sont aussi considérées comme autant de ressources créatives en ce qu’elles transparaissent dans la personnalité artistique de celui ou celle qui en est affecté. (...) 
À en croire les commentaires de nos interlocuteurs, le milieu artistique actuel se montre franchement favorable à l’idée d’inventer des processus, des structures, des pratiques qui fassent appel à d’artistes professionnels en situation de handicap au sein de leur équipe de création."