Toujours "Donquichottesque", Félix Turlupin m'écrit avec humeur :
"Pourquoi avez-vous besoin de la science pour attester de ce à quoi vous ne croyez pas assez fort, à savoir les valeurs qui soutiennent l'action éducative? Réfléchir au statut des sciences de l'éducation comme théologie qui n'a de sens que si la foi est première. Comme dit Charles Péguy le moderne c'est de ne pas croire ce à quoi on croit. Cette mollesse de conviction fait un vide qu'il faut combler par des exigences venues d'un discours anonyme, un discours que personne ne veut endosser vraiment, un discours auquel il est confortable de n'accorder qu'un crédit provisoire afin de n'être jamais pris en défaut, de ne jamais être jugé naïf. Ainsi ce que l'on croit être rendu fort n'est qu'un aveu de faiblesse. Ecrire l'histoire de la façon dont les différentes théories pédagogiques et éducatives ont formé leurs discours."
Il semble que le grand Guy Avanzini ait donné raison à Turlupin :
« Loin d'être déductibles de la connaissance de l'enfant, les techniques éducatives doivent être induites, inventées par tâtonnements successifs ; seule cette démarche est à la fois « expérimentale », puisqu'elle comporte la mise à l'essai de procédures variées, et «scientifique », puisqu'elle procède d'une observation rigoureuse. » p55
"C'est pourquoi l'erreur de l'Éducation Nouvelle n'est nullement de n'être pas scientifique ; c'est, tout au contraire, d'avoir prétendu l'être ; et, si elle ne l'est point, ce n'est pas faute d'une élaboration suffisante ; c'est parce qu'elle ne peut ni ne doit l’être. »p57
Avanzini Guy. Scientificité, axiologie et argumentation chez les théoriciens de l'Éducation Nouvelle. In: Revue française de pédagogie, volume 143, 2003. Philosophie et éducation. pp. 53-59; doi : 10.3406/rfp.2003.2951 http://www.persee.fr/doc/rfp_0556-7807_2003_num_143_1_2951
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