vendredi 27 mars 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 12) : Normal - pas normal

  

Atelier philo du 27 mars 2026 

Normal, pas normal. Qu’est-ce que ça veut dire ?

 

Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,

Félix, François, Mathieu, Siou, Angel

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

Félix : peut-on être normal ? on a tous notre définition d'être normal. En neurodiversité, on peut tous se fondre dans la masse.

 

Raphaël : Quand ça se passe comme d'habitude ; c'est ça qui est normal, qu'il n'y a pas de problème. Si c'est bizarre, c'est une fausse pensée, en fait bah c'est normal. Une personne normale, c'est quelqu'un qui se comporte normalement, qui fait tout comme il faut, pas comme moi qui me conduis un peu bizarrement. Il faudrait que je sois normal, que je m'habille comme tout le monde. Dans le métro, on voit aussi des personnes qui ont des comportements avec des problèmes de santé. Je suis quelqu'un de pas normal, je fais tout autrement que tout le monde, je dis des exagérations.

 

Félix : La normalité, c'est dur à établir. Il faudrait être tous d'accord sur la normalité. Raphaël, ta mère te dit que tu t’habilles pas bien mais moi je trouve pas.

 

Raphaël : je me dis souvent que je suis nul. Je me dis des insultes à moi-même.

 

Félix : c'est une mauvaise estime de soi !

 

Simon : Il n’y a personne de normal ; peu importe la normalité. Si on demande à quelqu'un s'il est normal ; il répondra qu'il n’y a personne de normal. Quelqu’un qui est normal, ça veut dire qu'il est parfait et qu'il n'a pas de défaut : ça n'existe pas !

 

François : j'ai une déficience intellectuelle. Suis-je normal ? Ben oui, je suis normal ! Quand j'étais à l'école, à chaque fois que je donnais une mauvaise réponse, on se moquait de moi. Je me suis dit : « fais-toi en pas avec ça, s'il y a des affaires que tu fais pas correctes, laisse faire les autres, ignore-les ! » ça m'a pris du temps de le comprendre. C'est l'école de la vie, c'est pas pour être parfait. C’est normal de ne pas tout comprendre. Un itinérant qui gueule, c'est pas un comportement normal, mais on ne peut pas comprendre pourquoi il fait ça.

 

Sacha : être normal, c'est quelqu'un qui est doux, qui est calme, qui dit des choses gentilles, qui paraît bien, qui est zen, qui n'est pas violent. Des personnes qui baissent mon bras doucement parce que ça ça m'aide à rester calme.

 

Mathieu : Personne n'est normal parce que personne ne fait parfaitement les choses à faire. Tout le monde a sa propre façon de marcher, son allure.

 

Siou : La normalité vient de la société. C'est la société qui crée des normes, des lois. Le monde se mêle de tout. C'est quelque chose de plaqué. On nous la montre et on veut qu'on la suive sans trop penser. Pour les personnes autistes comme moi, j'arrivais pas à faire les choses comme tout le monde et à un moment j'ai compris que j'avais un problème. j'étais puni à l'école parce que je poussais des petits cris à cause de mon autisme.  Tout le monde se regarde et voit ce qui n'est pas normal chez l'autre. On devrait laisser chacun faire les choses comme il veut si ça dérange pas les autres. On s'impose à soi-même cette norme inconsciemment. On veut ressembler à tout le monde pour se faire des amis. La normalité ça vient de soi, de sa propre manière d'exprimer sa personnalité

 

Angel :  Quand on était petit on nous disait de suivre les adultes pour apprendre à faire les choses normalement. Quand on veut être comme les autres, on n’y parvient pas parce qu'on est différent des autres. À l'école, on veut apprendre comme les autres, mais il faudrait nous apprendre comment grandir tout en étant différent des autres. Au secondaire, j'ai appris à ne pas être comme les autres, à cause de la différence dans la capacité d'apprentissage. En grandissant, je me suis rendu compte que j'étais normal mais pas comme les autres.  Je ne pensais pas que j'avais une DI. J'ai eu du mal à l'accepter.  Je voulais être comme les autres. Mais il faut accepter d'être soi-même, d'être pas comme les autres, normal ou pas normal, ça dépend comment chacun se sent.

 

François : Quelqu’un qui est normal, ça apporte un sens à la vie. Quand je vois une personne handicapée, c'est pas parce qu'elle est en chaise roulante, moi, je la trouve normale dans sa condition.

 

Simon : (reprenant des propos de Siou) On est souvent pris dans des engrenages moi je me trouve normal - pas normal, entre les 2.

 

Siou : Normal, pas normal, c'est des mots qu'on n'aime pas tellement.  Quand on nous impose une norme ça provoque de l'anxiété à cause du jugement qui va avec ça. Il ne faut pas faire de « masking ». (= faire des efforts pour cacher sa singularité)

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