vendredi 19 juin 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 17) : la solitude

  


Atelier philo du 19 juin 2026 

La solitude

Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,

Félix, François, Mathieu, Siou, Angel

Technicien : Paolo

Prise de notes : Jean

 

Animatrice : Marie

 

La séance d'aujourd'hui est animée par Marie. Une orthophoniste-philosophe rencontrée lors du colloque à Trois-Rivières. Marie propose 5 thèmes au choix : La confiance. La pensée. La solitude. La communication. La société. On vote et c'est la solitude qui est choisie par la majorité.

Marie nous rappelle les outils dont on dispose chacun pour un dialogue philosophique. Donner des raisons. Donner des exemples. Faire des distinctions entre termes proches. Définir. Catégoriser. Trouver des causes, des conséquences.

Raphaël fait la distinction entre 2 types de solitude, une solitude claire où on trouve du plaisir. Et une solitude sombre. C'est noir.

 

Siou : Il y a des solitudes mal vécues. Et d'autres qui sont bien vécues, qui sont épanouissantes.

 

Simon : Parfois, on a besoin d'être seul, d'être à l'écart des autres pour réfléchir. Pour se poser des questions à soi-même.

 

Mathieu : À la fin d'une journée à Rambrou où il y a beaucoup de monde, souvent, ça me fait mal à la tête et puis aussi après, il y a l'autobus. Alors j'aime bien retrouver ensuite un peu de solitude. 

 

Siou : les TSA ont un seuil de tolérance plus bas que les autres à la fatigue due au contexte social. La solitude sert à éviter l'effondrement autistique, à recharger les batteries.

 

François : Si je me sens isolé, enfermé entre 4 murs, les rencontres, c'est une bonne chose. Mais c'est bon aussi d'avoir de la solitude. Pour me retrouver avec moi-même, me demander ce que j'ai le goût de faire, de manger où j'ai envie d'aller. La solitude parfois me fait du bien.

 

Marie : En vieillissant, j'aime plus être seule. Je choisis les moments pour être avec les autres.

 

Simon : Est-ce qu'on a envie d'être seul ou non ? Être seul ou avoir une copine ?

 

Sacha : J'aimerais ça avoir une amoureuse, avoir une belle relation d'amour. Dans une relation amoureuse, on se sent moins seul, moins abandonné. J'aime socialiser, être avec le monde.

 

Siou : La solitude, c'est pas un besoin, c'est malgré moi. Maintenant, je me connais et je sais quand il faut que je me repose, que je m'isole. J'aime communiquer, j'aimerais pouvoir être plus avec les autres. Mais avec ma condition, je ne peux pas. De la solitude, c'est nécessaire, mais c'est pas un choix, c'est malgré moi.

 

Simon : Les personnes âgées ont plus besoin d'être seules, d'être centrées sur elles-mêmes.

 

Angel : J'ai travaillé avec des personnes âgées, elles avaient besoin de compagnie. Il faut être solide (solidaire ?) avec ces personnes. Moi, je vais voir les personnes qui se sentent seules. Et qui ne savent pas ce que c'est que de vivre avec les autres. Ça m'intéresse de savoir comment les gens seuls font pour trouver des amis.

 

Siou : Il y a peut-être des gens seuls qui ne souffrent pas de la solitude. Leur personnalité, c'est peut-être d'aimer cela, c'est en eux. La solitude, ça anime un monde intérieur très fort. Ils doivent voir le monde autrement, d'une manière profonde. Quand j'étais étudiant, j'avais décidé et pris l'habitude de rester seul dès que je sortais de l'université et au bout d'un moment, je me suis aperçu que c'était trop de m'isoler ainsi.

 

Paolo aime rencontrer les gens, aime être ensemble, avoir des amis.

 

Sacha : J'aime aller aux « Jumeler » pour les brunchs ensemble.

 

Siou : La solitude, c'est un outil pour se comprendre soi-même.

 

Marie : Parfois, la solitude, ça fait se sentir rejeté. Je me sens seule quand je suis avec des personnes avec qui je n'arrive pas à communiquer. Par exemple, quand je suis à l'étranger et qu'on parle une autre langue.

 

Raphaël : Moi, je peux parler dans plusieurs langues.

 

Angel : Pour moi, c'est difficile le français. Au début, je me sentais seul et je me renfermais sur moi-même. Quand je me suis ouvert, ça s'est mis à aller mieux.




Pour écouter nos résumés >>>> 

mardi 16 juin 2026

Publication : Horvais, Jean. (2026). Développement de la collaboration en médiation musicale dans un service hospitalier psychiatrique. Travail et Apprentissages, 30(1), 169‑180.

Suite au REF 2024 à Fribourg, voici la publication finale de nos articles. 

Numéro coordonné par Trébert, D., Vinatier, I. et Merri, M. L’activité collective relève-t-elle de modalités spécifiques d’interactions ? (2026). Travail et Apprentissages, (30), 

 

https://shs-cairn-info.proxy.bibliotheques.uqam.ca/revue-travail-et-apprentissages-2026-1?lang=fr.

Mon article :  

Horvais, Jean. (2026). Développement de la collaboration en médiation musicale dans un service hospitalier psychiatrique. Travail et Apprentissages, 30(1), 169‑180. https://doi.org/10.3917/ta.030.0169

vendredi 12 juin 2026

Message à mes collègues lors de ma dernière réunion d'assemblée départementale

 

Chères et chers collègues, 

J'ai demandé à prendre très brièvement la parole au début de cette dernière AD de ma carrière à l'UQAM. Après ce petit propos, je m'éclipserai pour aller participer à une générale du dernier spectacle réunissant un organisme communautaire en DI/TSA et l'opéra de Montréal. 
47 ans de travail. Je ne pensais pas que la retraite venait aussi vite. Mais dans un domaine de travail passionnant, le temps file !
Je voudrais toutes et tous vous remercier du fond du cœur pour les 14 années passées parmi vous, à l'UQAM, dans notre sympathique Département Education et Formation Spécialisées. Je n'ai avec vous que de bons souvenirs de personnes cordiales, souriantes, attentionnées. Un milieu de travail bienveillant où j'estime avoir eu la chance de rencontrer de brillantes personnes en enseignement et en recherche. Mon seul petit regret, c'est que nous n'ayons pas assez de temps pour nous parler de nos projets de recherche, et même de nos projets tout court : projets de lecture, de voyages, de création ; de nos réflexions et de notre vision de l'éducation, de la pédagogie, de la  formation.  
Je sais néanmoins que les valeurs qui nous unissent sont des valeurs humanistes pour une éducation qui favorise l'émancipation et qui offre avec équité et magnanimité une place à toute la diversité des allures et des parcours de vie humaine. Une éducation qui donne les moyens à chaque personne de s'accomplir à la hauteur de ses désirs. Je crois que c'est actuellement ce que l'on appelle une éducation inclusive. 
Pour ma modeste part, j'ai inlassablement cherché à promouvoir ce projet en faveur des personnes de la diversité capacitaire. J'admire celles et ceux qui parmi nous font de même au profit d'autres publics défavorisés, marginalisés, vulnérables pour quelque cause que ce soit. 
L'université est un bien commun auquel tout le monde contribue par l'impôt et doit pouvoir aussi y être reconnu pour sa contribution à la connaissance. Et de ce bien commun, tout le monde doit pouvoir tirer satisfaction et bénéfice dans son désir d'apprendre. Là encore, quelle que soit son allure de vie. 
Il n'est pas temps d'énumérer immodestement mes quelques réalisations en ce domaine, mais simplement de vous partager combien j'ai été touché que le comité social ait pensé à inviter pour une magnifique fête de retraite le 28 mai dernier, les nombreux amis au milieu desquels j'ai travaillé dans le communautaire : les participants avec qui j'ai fait de la recherche, de la formation, qui m'ont accompagné pour enrichir des cours et conférences, mais aussi de la musique, du théâtre, et même cette année du dialogue philosophique, etc. 
Le statut de professeur associé qui me sera accordé me permettra de garder un lien fonctionnel avec l'UQAM, mais de toute façon, de ma région beaujolaise, je continuerai à penser à vous et à chantonner "je reviendrai à Montréal" et tant d'autres tounes québécoises que je fais connaitre à mes petites filles. 
Présentement, il n'est pas temps de chanter, mais simplement de vous dire au revoir. On se croisera sûrement encore dans les couloirs ces prochaines semaines. 

Merci infiniment à toutes et tous.  

vendredi 5 juin 2026

Atelier philo à la Gang à Rambrou (séance 16) : la philosophie

  


Atelier philo du 5 juin 2026

 

Aujourd'hui, nous avons travaillé sur le thème :

Qu’est-ce que c’est la philosophie ?

Qu’est-ce qu’on fait quand on philosophe ?

 

Ont participé : Simon, Raphaël, Sacha,

Félix, François, Siou, Angel,

Technicien : Paolo

Animateur : Jean

 

Simon : c'est de parler de plein de sujets, le mot important, c'est philosophe, c'est ceux qui étudient les constellations. On parle de sujets dont on n'a pas l'habitude de parler avec d'autres personnes.

 

Angel : Je n'ai pas eu l'occasion d'en parler avec mes parents parce que eux, ils parlent espagnol. Mais pour moi, la philosophie, c'est des chercheurs qui ont l'expérience bien avant nous. La philosophie a évolué à travers les différents philosophes. En allant au colloque, j'ai découvert qu'il y avait d'autres personnes qui pratiquaient la philosophie et en s’aidant d'outils de communication adaptés. La Philo. Moi j'entends le mot fil, c'est un fil sur lequel on peut tirer et s'attacher pour être tous sur la même longueur d'onde.

 

Raphaël : La philosophie ? Ben moi, je pense à mon personnage de philosophe au théâtre. Jean avait présenté en début d'année des pensées de philosophes. Je suis un bon philosophe. On s'exprime personnellement sur nos idées, surtout quand avec on parle avec la vidéo, on redit les bonnes phrases, les bonnes idées qu'on a eues.

 

François : Ce n'est pas de raconter des histoires, c’est penser sur des faits. C'est une façon d'exprimer comment sont les choses, des formes, donc des sujets, la façon de voir les choses. Regarder la réalité en face. Être philosophe, c'est avoir de la curiosité. Il se produit des images dans ma tête quand on donne le thème, des images positives ou négatives. On parle de choses inexplicables, on cherche le pourquoi, le comment, comment les choses sont telles qu'elles sont ? Quand il y a une tempête, des dégâts. Pourquoi ? Pourquoi ici ? pourquoi avec ces personnes-là qui en sont victimes ? Je regarde souvent la chaîne Historia et à travers les événements de l'histoire, je me pose ces questions.

 

Simon : La chute de l'arbre dans la tempête, pourquoi ça nous arrive pas à nous, mais à d'autres ? Et inversement.

 

Angel : La météo nous prévient qu'une tornade arrive, ça nous protège. À force de penser en philosophe, j’en perds mes cheveux.

 

Mathieu : ça m'aide à parler plus avec l'aide de Jean. J'en parle aussi souvent avec ma mère.

 

Sacha : philosopher, c'est parler de ce que j'aime, de ce que j'ai vécu, dire comment je me sens.

 

Félix : Philosopher, ça ouvre l'esprit. Ça nous amène à dire des choses qu'on ne dirait pas ailleurs. Des choses auxquelles on a habituellement pas l'occasion de penser. C'est tout un processus. Il faut un sujet ou un thème. Prendre le temps de la réflexion. Et ensuite, dire des paroles qui expliquent ce que l'on pense.

 

Simon : C'est plus facile de penser en philosophie dans l'atelier qu'en dehors, parce que nous, ici, on se connaît. On n'a pas de gêne et on se respecte.

 

Siou : J'aime venir à l'atelier de philosophie, mais faut que je me lève de bonne heure. On philosophe souvent sans dire qu'on philosophe, c'est naturel pour l'être humain. Je philosophe dans les moments où je ne comprends rien. Je réfléchis, je compare. Quand il y a de la fatigue, du trop-plein, tu peux revenir à toi, à ton intériorité. Tu passes de la survie à la vie à ton être profond. L’essentiel de l'être humain, c'est sa pensée. Il fait des belles choses, mais aussi le pire. On peut avoir confiance en nous.  Il y a de l'incompréhension. Il faut trier. Et essayer de comprendre même les méchants, les pauvres, essayer de comprendre le mal. Ça oblige à réfléchir, réfléchir à ce qui nous confronte. Prendre conscience de la lourdeur de la vie jusque dans son corps, mais sans en être paralysé. Il faut refaire la même réflexion souvent, la réactiver. Les sujets qu'on a traités se croisent, on pourrait reprendre les mêmes sujets de l'année et il y aurait certainement des pensées nouvelles.

 




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